Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°32 – Lieux d’asile en milieu hostile (Octobre 2008) // Edito

Edito

Christian LAVAL

Année de publication : 2008

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES, PUBLIC MIGRANT, Demandeurs d'asile, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°32 – Lieux d’asile en milieu hostile (Octobre 2008)

Qu’en est-il de l’asile aujourd’hui ? La question concerne les précaires, les demandeurs d’asile, et bien sûr, les personnes atteintes de pathologie mentale. Les intervenants œuvrant sur ces fronts insistent sur l’essentielle différence entre une institution asilaire, toujours critiquée, et une fonction asilaire devenue au fil des ans de plus en plus chère, à la mesure de sa raréfaction. Selon Patrick Confalionieri, du côté du sujet malade, la fonction d’asile reste pertinente au un par un, rappelant que « pour l’homme sans asile, la condamnation à l’errance prend pour lui le nom de folie ».

Si l’historien continue de nous mettre en garde contre l’ambiguë fonction asilaire des asiles disparus, le praticien d’aujourd’hui fait d’autres constats. Certes, plusieurs textes décrivent avec conviction la valeur évidente de l’accueil dans des néo asiles (refuges, accueils de jour et de nuit) qui se développent à bas bruit dans les dispositifs de l’urgence sociale. Mais, dans ces nouveaux dispositifs, fragmentaires, réticulaires, modulaires, on ne peut se réfugier longtemps. On sait même que les nords américains ont créé le concept de « sheltarization » pour dire le risque d’enkystement dans ces types de situations à réseaux entrecroisés. L’insistance portée sur l’inconditionnalité, le bas seuil et l’accessibilité n’est pas seulement technique : c’est la figure de l’indésirable, et non plus celle du fou, qui tient désormais le haut du pavé. Dans le même sens, l’émergence d’une figure presque ignorée, celle de la displaced person dans le champ de la demande d’asile comme dans les camps de réfugiés, constitue un signe fort du changement de paradigme en cours. Cette figure fait écho à une menace diffuse, incertaine, irrationnelle mais bien réelle. Comme le documente Miguel Benasayag en ce qui concerne la ville, le milieu est devenu hostile, l’asile est en miettes, et la ville pourrait fonctionner sans hommes comme autant de modules inhabitables. (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

Edito

humanitaire - urgence - clinique - écoute - psychosocial

Nicolas CHAMBON - Année de publication : 2019

Des interventions d’urgence à l’urgence du développement

humanitaire - urgence

Sarah RIZK - Année de publication : 2019

Intervention psychosociale auprès des exilé.e.s sur le bidonville de Calais

traumatisme - humanitaire - urgence - accès aux soins - exil - psychosocial