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Condition carcérale et souffrance psychique

Gérard LAURENCIN - Psychiatre des hôpitaux, Pôle Psychiatrie et conduites addictives en milieu pénitentiaire, Centre hospitalier Gérard Marchant, Toulouse.

Année de publication : 2015

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°56 – Prison, santé mentale et soin (Avril 2015)

Malgré certaines limites méthodologiques, de nombreuses études soulignent de longue date la fréquence élevée des pathologies psychiatriques en milieu pénitentiaire. Un grand nombre de troubles mentaux rencontrés en prison ne sont ni consécutifs à la privation de liberté, ni même simplement intercurrents à la détention. Des historiens discutent l’augmentation du nombre de personnes détenues présentant des troubles mentaux de même que le lien qui en est fait avec le mouvement de désinstitutionalisation de la psychiatrie et la fermeture de nombreux lits, indiquant que de tout temps celui-ci a été important.

La population sous écrou reste à haut risque suicidaire. En dépit d’une tendance à la diminution du taux de suicides au cours de ces 20 dernières années, ce taux (17 pour 10 000 en 2011) reste un des plus élevé de l’Union européenne, à l’instar du taux de mortalité toutes causes confondues (40,5 pour 10 000). Il est possible, avec précaution, d’adjoindre à ces statistiques les tentatives de suicide ainsi que les comportements auto-agressifs (automutilations, etc.). À noter l’absence de travaux en France sur le suicide en détention et ses rapports avec les troubles mentaux.

Souffrance psychique, une maladie ?

Il est généralement admis que l’entrée en détention fait partie des événements de vie susceptibles d’induire une souffrance psychique. Cependant, peu d’études concernent la santé mentale ordinaire des personnes détenues ordinaires, alors que la souffrance psychique en milieu pénitentiaire est attestée ne serait-ce que par les observations quotidiennes des personnels soignants exerçant en milieu carcéral. Cette souffrance psychique se traduit souvent par de l’insomnie, un sentiment de tristesse, d’angoisse ; elle a un retentissement sur les liens sociaux et sur la santé physique des personnes. (…)

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