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Traumatisme, passage, passeurs

Gilbert COYER - Psychologue, Ethnologue, Chercheur Doctorant au CRPPC, Université Lyon 2

Année de publication : 2009

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, Anthropologie, PUBLIC MIGRANT

Rhizome n°37 – De l’exil à la précarité contemporaine, difficile parentalité (Décembre 2009)

Les problématiques de l’exil, des traumatismes psychiques, et de l’interculturalité, posent des questions de fond sur l’implication des professionnels appelés à les comprendre, soulevées hier par la psychiatrie et aujourd’hui par les travailleurs sociaux en butte à la grande précarité. On peut certainement dire que tout effort de compréhension est lié à celui d’une traduction. Mais toute compréhension nécessite avant toute transposition, une récolte de signes et de vécus, qui a paradoxalement besoin, dans son élan, d’une suspension de toute traduction et de toute interprétation.

Comment s’adresser à quelqu’un qui ne vous écoutera que pour transposer ce que vous lui dites dans sa façon de pensée, ou pour le rapporter à son propre vécu ?

Le plus insupportable pour nombre de personnes ayant vécu un traumatisme est de s’entendre dire : « je vous comprends ». De quelle empathie peut-on témoigner, quel est le sens même de l’empathie, dès lors que nous entrons dans le domaine de l’impartageable ? Et comment entendre ou faire entendre d’indicibles évènements quand ceux-ci se rapportent encore à une situation d’exil qui en a relégué toutes les formes et les matériaux de communication ?

Il est nécessaire de se laisser emmener, accueillir, saisir, avant de procéder à quelque interprétation de sens que ce soit, ou pour toucher ces vécus extrêmes. Mais se laisser saisir ainsi, amène inéluctablement à un dépouillement de sa vêture institutionnelle, de son cadre habituel de pensée, de sa culture, voire de soi-même, qui nécessite un autre cadrage que celui de la recherche du maintien à tout prix de nos codes et de nos interprétations. (…)

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