Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°30 – Traverser la confusion (Mars 2008) // L’indétermination professionnelle, une composante de la pratique

L’indétermination professionnelle, une composante de la pratique

Valérie COLIN - Psychologue clinicienne, Docteur en psychologie, ONSMP-ORSPERE
Jean-Baptiste POMMIER - Intervenant social dans une équipe de prévention en santé mentale, Formateur, Lyon

Année de publication : 2008

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, TRAVAIL SOCIAL

Rhizome n°30 – Traverser la confusion (Mars 2008)

Comment déterminer son action professionnelle quand la lecture d’une situation à partir des catégories classiques de sa pratique (nosographie ou catégories sociales) est brouillée par des manifestations chez l’usager qui empêchent justement de le saisir à partir de ces catégories ? Les intervenants sociaux disent être souvent confrontés à « des personnes en difficultés pour faire des choix autonomes », à celles qui formulent « des projets irréalistes », ou encore à celles qui refusent « un cadre à leur mesure ». Il y des individus dont le comportement génère de l’inquiétude voire de la peur…comportement qui ouvre à une interprétation dans le registre de la folie ; ceux qui ne seraient pas « solides », qui n’auraient pas d’assise subjective suffisante pour « penser par eux-mêmes », positions parfois associées à des pathologies dépressives (désespoir, découragement,…).

Dans cette zone de la pratique, on ne peut plus faire appel à des théories de la pratique du métier, on ne peut plus se référer aux catégories sociales pour les acteurs du champ social et aux catégories nosographiques pour les acteurs du champ sanitaire, on ne peut plus exercer son métier tel qu’on l’a appris. Nous l’avons appelée zone d’indétermination professionnelle et de la relation intenable[1]. Cette zone de la pratique reprend toutes les situations évoquées comme impasses professionnelles.

Nous avons observé alors le recours à une sémiologie[2] pour tenter de trouver de nouvelles nominations des rencontres professionnelles avec l’usager ou avec le patient. L’intervenant en relation d’aide peut décrire des signes cliniques, résultat d’une observation fine qui permet de repérer la souffrance de la personne en face de lui, parce qu’il est en suffisante empathie avec elle. Les acteurs interrogés au cours d’une recherche-action portant sur un diagnostic partagé sur le mal-être et la souffrance psychique[3] expriment leur malaise dans la rencontre avec des individus « incertains et instables ». Mais ces signes ne sont pas discriminants pour l’action.

Définitivement, les situations de souffrance psychique restent de l’ordre de l’indécis, de l’indéterminé. (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

La psychiatrie aux risques de la santé, Anne Golse

souffrance psychique - santé

Laurent BOCENO - Année de publication : 2002

Réseau et politique de Santé Mentale : Mutualisation et spécificités des compétences

souffrance psychique - politique publique - réseau

Jean FURTOS, Jean-Baptiste POMMIER et Valérie COLIN - Année de publication : 2002

Interview d’un médecin généraliste et d’un psychiatre

précarité - souffrance psychique - médecine générale - professionnalité - équipe mobile