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Les écoles de plein air : une utopie à revisiter ?

Emmanuelle GODEAU - Enseignante chercheuse, responsable de la filière des médecins de l’Éducation nationale, École des hautes études en santé publique (EHESP)

Année de publication : 2020

Type de ressources : Rhizome

Rhizome n°78 – L’école prend-elle soin ? (novembre 2020)

C’est au début du xxe siècle que les écoles de plein air voient le jour et se structurent. Leur ambition est « d’offrir, si possible toute l’année, des soins de climatothérapie et des exercices physiques, associés à un enseignement rénové, dans un cadre architectural adapté(1). » Leur description permet de poser des perspectives intéressantes en termes d’articulation entre enjeux sanitaires, pédagogiques et architecturaux, qui font tout particulièrement sens dans la période pandémique actuelle.

Les prémices du mouvement (fin du xixe siècle – fin de la première guerre mondiale)

À fin du xixe siècle, plusieurs facteurs peuvent être identifiés dont le croisement permettra l’émergence des Waldschulen en Allemagne, donnant rapidement naissance au courant des écoles de plein air dans le monde entier. La recrudescence de la mortalité tuberculeuse fait de la lutte contre ce « fléau », notamment en ce qui concerne les enfants, la cible majeure du mouvement hygiéniste en plein essor. L’hygiène scolaire s’individualise ; dans plusieurs pays d’Europe, un corps de médecins scolaires est créé ; des associations internationales se structurent, organisant des congrès et dotées de revues militantes. La fin du xixe est aussi l’apogée de la vogue des médecines naturelles, dont les cures d’air et de soleil pour traiter la tuberculose, voire la prévenir. En lien avec les deux facteurs précédents, de nombreuses municipalités se mettent à organiser des colonies ou camps de vacances pour les enfants fragiles et défavorisés, dans l’idée de les éloigner des villes et de les « renforcer » par une exposition directe aux éléments et à la nature. Dans la même période, des pédagogues expérimentent de nouvelles modalités d’enseigner dans le monde entier, par exemple Jean Piaget en Suisse, Célestin Freinet en France, Maria Montessori en Italie, Ovide Decroly en Belgique… (…)

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