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Des pratiques de reconnaissance auprès des migrants précaires

Olivier DAVIET - Psychologue au Relais Ozanam, Membre de l’association Le Caméléon, Grenoble

Année de publication : 2017

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, PUBLIC MIGRANT

Cahiers de Rhizome n°63 – Cliniques et migrations (Mars 2017)

Les personnes arrivées en France via les parcours de la demande d’asile (communément appelées migrants précaires) laissent apparaître le plus souvent une souffrance psychique aiguë et polymorphe. Pour autant, ces publics s’avèrent peu pris en charge par les services spécialistes de la santé mentale, la charge revient donc souvent aux seuls « accompagnateurs » de tous poils (travailleurs sociaux, bénévoles, militants, équipes mobiles) de (sup)porter, de contenir, de soulager toute cette souffrance psychique enchâssée dans les violences politiques (dans le pays d’origine mais aussi, sous une autre forme, dans celui d’accueil). Le propos qui suit s’enracine dans la co-animation de séminaires cliniques proposés par l’Orspere-Samdarra. Ces espaces de travail constituent à la fois un lieu d’observation et une tentative d’inventer des voies de ressourcement, où les soignants (1) prennent soin des soignants, où le petit lien (Laplantine, 2003) redevient objet de travail noble, où l’on s’autorise à s’aventurer hors de l’ombre des experts pour refaire société à hauteur de sujet.

La rupture constitue sans doute la pièce maîtresse de toute situation migratoire, qui installe le sujet sous l’égide de la discontinuité. Au fait d’être devenu étranger (de ne plus en être), s’ajoute une seconde exclusion dans le cas des exilés fuyant des situations de persécution dans des conditions souvent extrêmement malmenantes : celle de ne plus être, non plus, comme ceux qui n’ont pas vécu ce type de traumatismes, ce qui tend à redoubler le sentiment d’étrangeté. Par ailleurs, de nombreux auteurs s’accordent sur le fait qu’une des cibles principales de la torture ou des traitements dégradants est le lien, celui dans lequel s’inscrit la victime, celui qui l’amarre à son appartenance humaine et d’où il est question de l’expulser (Sironi, 1999). Enfin, la politique européenne actuelle d’accueil/non accueil de ces populations fabrique des cohortes de personnes de tous âges et de toutes origines sans existence administrative ou essentialisées dans des catégories administratives privatives (les anciens SAC – Situation Administrative Complexe – devenus les « sans droits ni titres »). Le lien et les appartenances s’avèrent donc des lieux majeurs de la souffrance psychique. (…)

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