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La souffrance psychique : un nouveau paradigme ?

Jean-Pierre MARTIN - Psychiatre, Chef de service, Hôpital Esquirol St-Maurice

Année de publication : 2001

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°5 – La souffrance psychique aujourd’hui un concept évident et incertain (Juillet 2001)

Il peut paraître paradoxal de revenir à cette question après des années de débats et d’échanges d’expériences ; mais nous ressentons la nécessité d’un nouvel éclaircissement, tant la notion de souffrance psychique a envahi le discours médiatique, produisant une abrasion de ses rapports à l’altérité du sujet sans qu’apparaisse un effet politique cohérent qui instaure du lien social, c’est à dire du discours qui permette de mettre du sens sur les origines, les lieux, les filiations et les mythes qui créent de l’exclusion.

Le discours politique, construit sur les termes d’exclusion sociale et de souffrance psychique, appelle donc une interrogation sur les liens symboliques qu’il inscrit dans l’action soignante.

Nous l’aborderons, ici, dans la différenciation que nous faisons entre obligation sociale de soin et dangerosité sociale, puis entre filière spécifique de soin et réseau entre partenaires.

1/ Notre intervention d’équipe de secteur psychiatrique nous confronte directement, tant dans les groupes de paroles avec les exclus que dans les approches individuelles, au travail en commun avec de multiples intervenants sociaux et associatifs.

Elle nous permet de constater, avec eux, que les précarités productrices d’exclusion sont multiples, concernant, non seulement des errants « installés » dans la marginalité, mais aussi, et de plus en plus, des travailleurs pauvres, itinérants ou pas, des immigrés sans papiers, des femmes isolées et des adolescents en rupture de liens familiaux et d’insertions professionnelles. La souffrance de ces laissés pour compte de la société, totalement exclus ou encore partiellement inclus, est immédiatement reliée à la violence de la réalité sociale et aux liens de causalité politique qui la sous tendent. Quand cette violence est abordée, en retour, par une approche politique plus répressive que sociale, le sentiment d’exclusion s’aggrave avec l’accentuation de la vulnérabilité sociale, de la désaffiliation et l’ampleur de la honte. La marginalisation qui en résulte est donc le signe d’une grave altération des rapports symboliques. (…)

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