Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°61 – Des mondes virtuels ? (Septembre 2016) // Virtualité et psychiatrie

Virtualité et psychiatrie

Sadeq HAOUZIR - Psychiatre, Centre Hospitalier du Rouvray Métropole Rouen-Normandie

Année de publication : 2016

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°61 – Des mondes virtuels ? (Septembre 2016)

L’avènement des nouvelles technologies, et notamment celles liées à la dématérialisation de l’information ont amené de nouvelles perspectives dans la santé. En France, leur déclinaison dans la e-santé(1) et plus particulièrement dans la télémédecine a évolué de façon exponentielle, dans toutes les régions et dans presque toutes les disciplines médicales. Ces pratiques sont totalement rentrées dans les habitudes pour de très nombreux professionnels et ne questionnent plus. En France, seules les conditions d’exercice de la télémédecine sont réglementées(2) et différents rapports d’experts et/ou de sociétés savantes orientent la pratique(3). Faire déplacer un patient de plusieurs dizaines de kilomètres pour une simple consultation ou pour une séance de rééducation, mobiliser trois heures un ergothérapeute pour une évaluation de l’autonomie, sont des fonctionnements qui sont amenés à évoluer dans leur approche singulière actuelle.

La e-santé constitue, dans de nombreux cas, une chance inouïe d’accès aux soins. C’est probablement dans la santé mentale que les plus grandes évolutions en télémédecine sont à attendre. La psychiatrie n’est pas restée en marge de cette révolution, mais la « télépsychiatrie » reste encore très marginale et est souvent décriée, pour des raisons plus souvent dogmatiques que pragmatiques. Quelques équipes françaises ont pourtant développé de véritables dispositifs publics de télémédecine, performants et reconnus en Bretagne et en Normandie par exemple, voire de véritables plateformes de télépsychiatrie privées. Les détracteurs de la télémédecine en psychiatrie, et ils sont nombreux, opposent une perte des rapports humains, une déshumanisation du soin en quelque sorte. Et il est vrai qu’ils n’ont pas entièrement tort même si, dans l’écrasante majorité des cas, ils n’ont jamais utilisé la technique contre laquelle ils s’insurgent. En effet, le contact physique direct est perdu, c’est une évidence, mais, la virtualité qui entre en psychiatrie amène un autre type de prise en charge. Il ne s’agit pas de remplacer la psychiatrie traditionnelle « humaine et auprès du malade » par une psychiatrie virtuelle « déshumanisée et à distance ». Il s’agit bien d’utiliser les nouvelles technologies et d’en faire bénéficier nos patients. Ce n’est pas « à la place », c’est bien un outil complémentaire, qui a aussi ses propres inconvénients et ses propres limites, mais la télépsychiatrie est une évolution qui a des avantages que nous ne pouvons aujourd’hui qu’à peine imaginer. (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

L’accompagnateur : le musicien du présent

accompagnement - thérapie - musique

Stéphane CHEMLA - Année de publication : 2005

Programme du DU « Logement d’abord »

logement - accompagnement - habitat - logement d'abord - sans-abris

Année de publication : 2020

La rue comme addiction

hébergement - habiter - rue - accompagnement - addiction - témoignage