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« Où sont-ils?’: Incertitudes professionnelles dans le traitement des adolescents « difficiles »

Yannis GANSEL - Pédopsychiatre (HCL), Doctorant en anthropologie (EHESS), Lyon

Année de publication : 2016

Type de ressources : Rhizome - Thématique : TRAVAIL SOCIAL

Cahiers de Rhizome n°59 – Les adolescents (et ce qu’ils ont de) difficiles (Mars 2016)

L’expérience d’un réseau pour adolescents difficiles.

Depuis la fin des années 1990, la catégorie des adolescents « difficiles » ou « en grande difficulté » fait l’objet d’articles, livres et communications à des colloques de la part de cliniciens, psychiatres et psychologues, travaillant avec les équipes éducatives et le système judiciaire (Gansel et Pétrouchine, 2015). Ces adolescents, « souffrants » mais « non psychiatriques », sont rencontrés par les professionnels dans les interstices des institutions : ils ne relèvent ni des dispositifs socio-éducatifs habituels, ni des établissements de soins psychiatriques, ni du traitement pénal ordinaire. Ils se caractérisent par leurs comportements violents et par les réactions particulières (hyper-investissement suivi de rejet) qu’ils engendrent chez les professionnels. La « carence » et le « chaos familial » vécus dans la petite enfance conduisent chez ces sujets à une anomalie dans leur développement psychique qui est à l’origine de leurs comportements. Selon différents référentiels psychopathologiques, non exclusivement psychanalytiques, les difficultés des professionnels en charge des adolescents sont lues à la lumière des caractéristiques propres de ces derniers, elles-mêmes liées à leurs histoires infantiles.

À la même période, le développement de cette catégorie clinique suit de près la mise en œuvre de politiques publiques dédiées à cette population et aux « problèmes » (en particulier de coordination interinstitutionnelle) qu’elle pose. Dans la suite de ces politiques publiques, des pratiques institutionnelles spécifiques se développent : outre des formations académiques (les « DU adolescents difficiles »), nombre de métropoles régionales à travers la France organisent des réseaux destinés à « transversaliser » les prises en charge sanitaire, pédagogique, éducative et judiciaire de ces adolescents (Laval et Ravon 2015, 89). Ces organisations, interprofessionnelles et interinstitutionnelles, visent constamment à réunir secteur psychiatrique, services sociaux de protection de l’enfance et justice des mineurs pour assurer un travail de concertation et de coordination autour de cas d’adolescents prise en charge par plusieurs de ces institutions. Les réseaux sont le plus souvent adossés à des formules d’hébergement (lits réservés, établissements spécifiques) destinées à cette population. (…)

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