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Pratiques psychologiques et travail de culture

Georges GAILLARD - Professeur en Psychologie Clinique et Formation en Situation Professionnelle CRPPC (EA 653) Université Lumière Lyon 2 / Psychanalyste

Année de publication : 2015

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie

Rhizome n°58 – La participation des usagers en santé mentale (Novembre 2015)

Dans le registre des activités humaines, il n’est de pratique qui ne participe d’un « vivre ensemble » dans la cité, et qui, de ce fait, ne relève du champ du politique. Si les pratiques psychologiques ont, un temps, pu être pensées comme procédant d’une attention portée à la subjectivité des sujets, dans le cadre d’une relation singulière, et abstraction faite du contexte social [1], il convient de rappeler qu’elles se pensent désormais sous le primat de l’intersubjectivité, dans un lien intrinsèque à l’arrière-fond sociétal. Elles sont, de fait, des pratiques citoyennes, inscrites dans la communauté, et participant de l’incessant travail de Culture, de la Kulturarbeit.

Le contexte actuel de l’hypermodernité est celui d’une crise qui impacte l’ensemble des liens sociaux, et fait (une nouvelle fois) vaciller les assises du « vivre ensemble ». Tout groupe social a pour tâche d’œuvrer sans relâche à la construction d’une modalité de lien suffisamment pacifiée, sauf à prendre le risque d’une bascule dans la barbarie, là où le travail de renoncement pulsionnel [2] n’est plus garanti, et où le rapport à l’autre s’établit sous le primat de la réification et de la prédation.

La construction d’un « bien commun » (public et privé [3]) exige un travail d’équilibrage permanent entre prise en compte du narcissisme et du lien d’altérité, entre respect d’une sphère « privée », et participation de chacun au « collectif », à la sphère du « public ». Notre hypermodernité, il convient de le rappeler, se caractérise par l’effondrement des méta-cadres, par la mise en crise des garants métapsychiques et métasociaux [4], par l’effacement, voire la disparition de ces « grands récits » [5] qui ont longtemps servi aux groupes sociaux à s’unifier dans la différence, à prendre place dans une continuité générationnelle, et à arrimer leur narcissisme, au lien d’altérité ; autrement dit à faire pièce à leur « désir d’être tout » [6]. Si, en effet, la visée totalisante qui spécifie « Her majesty the Baby », n’est pas contrainte dans l’ordre de l’altérité, elle donne pièce à une visée totalitaire, à une disjonction dans l’équilibre requis entre ce qui relève du « privé » et du « public », du « bien individuel » et du « bien collectif ».  (…)

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