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L’interprétariat en psychiatrie : complexité, inconfort et créativité

Claire MESTRE - Psychiatre-psychothérapeute et anthropologue, CHU de Bordeaux, association Mana

Année de publication : 2015

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES, PUBLIC MIGRANT

Cahiers de Rhizome n°55 – L’interprétariat en santé mentale (Février 2015)

L’interprétariat médical et social a fait son apparition en France, soulevant de multiples questions sur la création d’un nouveau métier et sur la formation de ses membres. La place de l’interprétariat en psychiatrie fait partie de ces nouvelles perspectives professionnelles. La consultation transculturelle de Bordeaux n’aurait pu exister sans la présence des interprètes. C’est pourquoi, nous en avons fait un chantier à part entière, menant de front la formation des interprètes, leur place dans notre dispositif spécifique, la sensibilisation des professionnels à l’utilisation de ces nouveaux professionnels, et la lutte pour que l’accès aux soins des non francophones soit une réalité.

L’interprétariat en psychiatrie s’inscrit à l’intersection de champs différents et pourtant complémentaires ; la traduction comme concept philosophique et anthropologique, la linguistique pour aborder l’acte de traduire dans un contexte spécifique, la politique et l’éthique, dans le sens d’une réflexion qui va au-delà de la psychiatrie vers une réflexion sur le prendre soin qui inclut l’hospitalité.

La traduction[1]

Je suis attachée à l’idée de Rada Ivekovic (2008) que la traduction peut désamorcer la violence. Ceux qui traduisent ont la tâche difficile de faire émerger le langage de l’autre, et donc de traduire l’étrangeté, et en même temps de traduire ses attentes, ses espérances et donc sa violence. Traduire ce n’est pas que traduire des mots, c’est aussi faire passer des concepts, des contextes. Traduire ce n’est pas que faire des passages d’un lieu à un autre, mais c’est transformer, et ainsi construire à plusieurs un sens partagé, co-construire. Se lancer dans une activité de traduction, c’est prendre le risque d’être modifié soi-même autant que de modifier ce que l’on traduit. (…)

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