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Institutionnalisation de la Réduction Des Risques, que fait-on de l’informel ?

Nina TISSOT - Éducatrice spécialisée au CAARUD ARIARuptureS, Lyon

Année de publication : 2013

Type de ressources : Rhizome - Thématique : TRAVAIL SOCIAL

Rhizome n°49-50 – Reconnaître l’invisible, gouverner l’imprévisible (Octobre 2013)

L’institutionnalisation de la Réduction Des Risques (RDR), devenue politique de santé publique en 2005, a eu pour conséquence une certaine formalisation à la fois des pratiques, jusque là plus hétéroclites et mouvantes, et des relations entre usagers et professionnels.

Institutionnalisation, quelle formalisation ?

La législation a imposé, des modèles et des cadres stricts dans lesquels elles allaient se développer. Les dispositifs sont pour beaucoup devenus des établissements médicosociaux, avec leurs horaires, leurs règlements, où travaillent des professionnels diplômés du travail social, formés à tenir la « bonne distance ». Les fiches de poste apparaissent peu à peu, venant spécifier plus formellement le travail de chacun, ce qu’il peut/doit faire ou non, selon sa profession. Parallèlement, la distinction de statut entre usagers de drogues et professionnels est radicalement affirmée ; il n’y a plus d’usagers dans les équipes, du moins recrutés comme tels. Bref, on a rapproché la RDR des formes d’accompagnement social plus classiques, et cela questionne sur la place de l’informel dans les actions. Loin d’être seulement périphérique, il me semble que l’informel reste encore aujourd’hui constituant des pratiques, aussi institutionnalisées soient-elles, et permet de singulariser les accompagnements là où les cadres formels ont participé de leur uniformisation.

Que reste-t-il de l’informel et qui rend opérante la RDR ?

Quotidiennement, nous faisons l’expérience que ce qui fonde les pratiques de RDR (et particulièrement l’accueil à bas seuil et le travail de proximité), et les nourrit, ce sont les types de liens qui unissent les usagers et les professionnels. Et ces liens s’établissent et prennent appui sur une certaine informalité des modalités d’accompagnement, dans les murs comme hors les murs de l’institution. Parce qu’il s’agit d’aller au contact, de nouer une relation de confiance avec des usagers qui fuient précisément les cadres formels des institutions classiques (ou en sont exclus parce qu’ils ne respectent pas ces cadres). (…)

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