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Gemineurs en Avignon : Mine de rien

GEM Mine de rien - Avignon, France

Année de publication : 2015

Type de ressources : Rhizome

Rhizome n°58 – La participation des usagers en santé mentale (Novembre 2015)

Nous sommes au GEM « Mine de rien » à Avignon. Dans les différentes pièces des petits groupes discutent ; des « gemineurs » comme ils se nomment eux-mêmes. C’est vendredi après-midi, il pleuvote dehors. L’endroit est d’autant plus accueillant. J’arrive à l’heure de la réunion hebdomadaire où sont recueillies les propositions d’activités proposées par les gemineurs et/ou par l’équipe d’animation, composée de deux permanents dont Pierre-Jean embauché en 2009 comme animateur multimédia et qui est devenu peu à peu un des pivots de ce collectif. Le GEM a été créé en 2008 par le Collectif des Sans-Abris (Casa) qui a eu l ‘idée de mettre en place un atelier multimédia pour les gens dits « de la rue » après avoir été fortement impressionné par une vidéo du collectif des « Don Quichotte » descendu à Avignon pour une soirée publique. Une animatrice est alors embauchée dont la mission est d’ouvrir un GEM ouvert aux gens de la rue et aux personnes ayant connu la psychiatrie, spécificité d’un public mixé encore présente aujourd’hui. Comme le dit une adhérente qui anime la tambouille des gemineuses : « Nous distinguons les personnes fragiles et les personnes précaires, parfois c’est les deux mélangés ». Mine de rien compte aujourd’hui une cinquantaine d’adhérents. Le droit d’entrée est de 1 euro par an et ouvre la possibilité de fréquenter le lieu et de participer aux activités – telles que la communication corporelle, la sophrologie, ou diverses sorties – et à la vie associative. Dix gemineurs administrateurs sont majoritaires au conseil d’administration au sein duquel il y a aussi un représentant de l’Unafam et un représentant de Casa.

Mine de rien s’est constituée autour d’un projet fédérateur, celui de monter et de montrer des films précaires, faits par et pour les personnes en situation de précarité. En 2010, le premier festival du film précaire est né. Le film inaugural qui lance une dynamique collective se nomme « Recherche Gilbert désespérément ». Une enquête est menée, caméra au point tenue par deux gemineurs, sur Gilbert disparu du GEM avignonnais et qui est finalement retrouvé à Marseille par ses compagnons. Quelques épisodes plus tard, Gilbert est devenu président du GEM. Ce film nourrit la mémoire collective de la structure et est encore raconté aujourd’hui avec fierté, même par ceux qui n’y ont pas participé. D’autres films, au fil des ans, ont suivi notamment sur les états généraux de l’urgence sociale et d’autres sont en cours. Des collaborations ponctuelles ont eu lieu avec le cinéma Utopia et avec l’institut des métiers de la communication et de l’audiovisuel. (…)

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