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Psychiatrie et religion: par-delà les préjugés

Philippe HUGUELET - Responsable du secteur Eaux-Vives - Département de santé mentale et de psychiatrie Hôpitaux Universitaires de Genève

Année de publication : 2014

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°54 – A la frontière du psychisme, la spiritualité ? (Novembre 2014)

Ces dernières années, nous avons été amenés à participer à plusieurs conférences dans des régions francophones dans le but de communiquer les résultats de nos recherches sur l’interface psychiatrie/religion. La plupart du temps, la difficulté des soignants en santé mentale à considérer la religion avec sérénité était frappante. Pour certains, il s’agissait d’un champ forcément extérieur à leur travail, pour d’autres une source supposée de problèmes pour les patients. Pourquoi ces réserves ? A première vue le contentieux est historique. Les réticences à aborder le fait religieux sont parfois liées à une vision freudienne sur le sujet, laquelle a considéré le recours à la religion, pour faire face aux grandes questions existentielles, comme une défense immature. Aussi, dans les siècles précédents, les religieux se sont trouvés en quelque sorte en rivalité avec les médecins en charge de la santé mentale, dans le contexte d’une clientèle en partie commune.

Aujourd’hui, certains psychiatres revendiquent la nécessité d’une posture laïque interdisant l’abord de la religion dans les soins. Ils s’appuient sur les arguments historiques mentionnés, qui ont tout de même l’avantage de contribuer à l’affirmation d’une identité professionnelle claire. A noter toutefois que ce positionnement n’existe pas dans toutes les cultures. En effet, dans certaines régions d’Asie, on confie parfois les malades mentaux à des structures combinant des approches médicales et spirituelles. Mais le principal argument contre cette posture laïque est qu’on peut discuter un domaine sans forcément partager les convictions qu’il implique. De fait, la pratique clinique en psychiatrie/psychothérapie impose de considérer de nombreux sujets (sexualité, loisirs, engagements sociaux et politiques…) par rapport auxquels notre avis personnel n’a aucune espèce d’importance (…)

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