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Santé mentale et forces communautaires dans les interventions humanitaires

Guillaume PEGON - Référent Technique Santé Mentale à Handicap International Fédération

Année de publication : 2012

Type de ressources : Rhizome

Rhizome n°45 – La mondialisation pour une écologie du lien social (Octobre 2012)

Les ONG internationales sont souvent gérées par des ressources humaines issues des pays à haut revenu, je dis souvent car ce n’est pas systématique et cela dépend des ONGs. Ces ONGs sont financées par des bailleurs ou donateurs eux-mêmes situés dans ces pays. Cependant, elles interviennent surtout dans les pays à faibles ou moyens revenus et emploient majoritairement des ressources humaines locales (là encore il y a beaucoup de différences entre ONGs mais ce sont des tendances que j’ai pu observer). Les projets mis en œuvre par ces ONGs sont des projets qui ont une temporalité courte, généralement 6 mois en contexte d’urgence, 3 ans en contexte de développement, parfois 6 ans ou 9 ans mais c’est plus rare. Ces temporalités courtes et moyennes de l’action induisent des postures d’accompagnement spécifiques qui sont en tension entre des conceptions de l’humain différentes. Il s’agit parfois de répondre aux besoins de base des victimes de catastrophes en leur donnant de l’eau, un toit, l’accès à des latrines. L’individu est ici appréhendé comme étant un réceptacle qui reçoit de l’aide, un « bénéficiaire ». Il s’agit aussi parfois, dans des logiques de réadaptation, d’accompagner le développement des aptitudes et capacités de ceux qui sont considérés comme des « personnes » en situation de problématiques multiples (handicap, vulnérabilité, précarité), et il s’agit de les aider à participer activement à la vie sociale. Il s’agit encore d’autres fois d’accompagner un travail de réflexivité, de travailler les processus d’affectivation et de subjectivation en ce mettant à l’écoute de celui qui est considéré ici comme un « sujet ». Cela dans des contextes socioculturels parfois différents, parfois proches, souvent enchevêtrés. Le plus souvent ces conceptions de l’individu se succèdent dans nos interventions, c’est le cas en tout cas pour Handicap International sans qu’on n’ait vraiment le temps d’en travailler les effets. (…)

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