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Inclusion : « N’ayez pas peur des élèves porteurs de handicap »

Caroline BOUDET - Journaliste indépendante

Année de publication : 2020

Type de ressources : Rhizome

Rhizome n°78 – L’école prend-elle soin ? (novembre 2020)

Rhizome : Quel regard portez-vous sur l’école d’aujourd’hui ?

Caroline Boudet : Je porte un regard complexe et un peu désenchanté. Pour ma part, j’ai vécu une scolarité assez « idéale ». Avec le parcours de ma fille, Louise, je vois maintenant les choses différemment. Louise est née avec un chromosome en plus : elle est porteuse de trisomie 21. Elle est actuellement en grande section de maternelle et est encore peu autonome. Elle comprend plein de choses, mais ne parle pas, s’exprime autrement… Pour ma part, j’étais dans « la norme », je vois maintenant l’école du point de vue « des marges » ; or celle-ci n’est pas faite pour les marges. Rien n’est conçu pour les élèves trop lents, trop rapides, trop agités, trop… tout. Et tristement, je constate que si vous n’avez pas la chance d’être dans « la norme » souhaitée, cette école est une machine à exclure. Pourtant, on y trouve des individus (enseignants, agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles [Atsem], accompagnants des élèves en situation de handicap [AESH]…) très motivés, plein de bonne volonté pour faire avancer les choses et aller vers une école qui s’adapte à l’enfant plutôt que le contraire. Mais le système, avec ses classes d’âge, ses programmes, ses évaluations, laisse trop peu la place à ce genre d’initiatives.

Pourtant, cette école me tient à cœur, c’est celle de la République. J’ai peut-être un regard naïf, mais il me semble qu’elle doit rester le lieu où se forment et se côtoient les citoyens de demain, tous les citoyens. C’est pourquoi j’insiste tant sur la nécessaire inclusion des élèves avec handicap. Je souhaite que dans vingt ans, ma fille soit une citoyenne à part entière, qu’elle participe à sa façon à la vie de la Cité, pas qu’elle vive une vie parallèle dans des institutions spécialisées. Or cela, ainsi que le regard des autres futurs citoyens, se prépare dès l’école maternelle. (…)

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