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Chez soi d’abord et rétablissement : Deux exemples de circulation de modèles d’action entre l’Amérique du nord et l’Europe

Christian LAVAL - Sociologue (Lyon)
Pauline RHENTER - Politiste, Programme national “Un chez soi d’abord” Fédération Régionale de recherche en Santé Mentale du Pas-de- Calais

Année de publication : 2012

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, Sciences politiques, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°45 – La mondialisation pour une écologie du lien social (Octobre 2012)

Afin de mieux comprendre le phénomène du sans abrisme, de nombreuses études se sont focalisées ces dernières années sur les logiques de (sur) vie, les stigmatisations, les étiquetages, les trajectoires et les carrières des personnes. Moins nombreuses sont celles qui se sont centrées sur l’accès à un «chez soi», question partagée par tous les humains au delà des particularismes. Dès lors, lorsque le curseur de l’action vise non plus « le traitement d’abord », mais le « chez soi d’abord », il nous faut alors apprendre à considérer la résolution du sans abrisme comme un problème public qui pose la question de la solidarité et donc des investissements (économiques, sociaux, et politiques) que les agents de la société et leurs mandants sont prêts à engager pour le résoudre.

Que nous impose la solidarité en la matière dans une société libérale et démocratique ? Procurer un toit, une maison à un individu sans chez soi devrait au moins techniquement être une tâche à la portée de la société. C’est une question qui ne devrait pas donner lieu à l’élaboration de critères sélectifs qui engagent la subjectivité des individus (autonomie et capacité à habiter par exemple). Des habitats bon marché et accessibles dans la Cité, telle est la solution ! Mobiliser des catégories morales enracinées dans les Droits de l’homme, c’est la position que défendent les militants du droit au logement. Selon eux, la question de fond consiste à faire passer le problème public du sans abrisme comme fait social et sa résolution comme programme politique. Tel est l’enjeu prioritaire du moment.

Les professionnels de l’accompagnement sont engagés dans ces enjeux de solidarité de manière beaucoup plus complexe et d’une certaine façon plus inconfortable. Ils sont confrontés à une injonction diffuse mais tenace qui est en fait une défausse politique d’avoir à «mesurer» les capacités, à orienter les files d’attente, à expertiser les compétences des personnes à habiter «chez elle». Cette confrontation devient particulièrement problématique dans un contexte où les politiques publiques inhérentes à la société salariale construits dans la seconde moitié du 20ème siècle, se reconfigurent en mettant en avant la personnalisation de la relation d’accompagnement et plus globalement en mobilisant la «subjectivité» des individus (Cantelli, Génard, 2007). Nous proposons ci-dessous de documenter deux éléments saillants de cette transformation lorsqu’elle s’applique à des personnes sans abris ayant des troubles psychiatriques sévères. (…)

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