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Accompagner l’auto-exclusion : d’Œdipe à Alex Supertramp

Jean FURTOS

Année de publication : 2012

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°44 – Ambiguïté de l’accompagnement, précarité de la transmission (Juillet 2012)

Nous lisons Œdipe-Roi, œuvre de Sophocle :

Un messager raconte le suicide de Jocaste, la mère d’Oedipe : celui-ci hurle de douleur et se crève les yeux. Le messager explique qu’Oedipe veut s’exiler du pays. « Il ne veut plus rester dans ce palais condamné par sa propre malédiction. Il faut l’aider pourtant. Il a besoin d’un guide. Son malheur est trop grand pour lui(1) ».

Il y a presque tout dans ces quelques lignes. C’est bien Œdipe qui veut quitter Thèbes et personne d’autre pour l’exclure. Plus tard, dans Œdipe à Colone, il prétendra qu’il a été chassé mais il est condamné par sa propre malédiction puisque, en tant que roi, il a proclamé pour le coupable, celui qui a souillé Thèbes en tuant le roi, qu’il serait chassé s’il ne se dénonçait pas lui-même. Or il vient de découvrir que l’assassin c’est lui, et que sa femme, Jocaste, est sa mère. La parole de sagesse énonce que « son malheur est trop grand pour lui », et qu’il a besoin d’un guide, c’est à dire d’un accompagnant. Dans l’histoire, cet accompagnant sera Antigone, sa fille, cette jeune femme qui ne se soumet pas aux lois injustes du pouvoir. Pour accompagner ceux et celles qui ne peuvent s’approprier leurs souffrances (d’exclusion), il faut en effet une capacité certaine de transgression, dans le sens d’aller au-delà de ce qui est communément admis.

Déjà après la découverte du parricide, Œdipe avait proclamé : « il ne me reste plus qu’à fuir sans jamais revoir mes parents, sans retourner dans ma patrie… Arrachez-moi au monde des humains… ». «… Et ces malédictions, c’est moi qui les ai proférées, jetées sur ma propre tête »(2). (…)

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