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Parler en français courant

Jean FURTOS - Psychiatre ONSMP

Année de publication : 2011

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°41 – Le prendre soin a-t-il encore une langue? (Avril 2011)

J’enseigne depuis longtemps que le premier devoir d’un soignant, c’est de rester vivant – vivant psychiquement. S’il ne le reste pas lui-même, comment pourrait-il aider un sujet en grande difficulté, comme on dit, puisque la pathologie consiste précisément, c’est en tout cas ma définition, à empêcher de vivre. A quoi le soignant, l’aidant, le psy, s’aperçoit-il qu’il n’est plus vivant (psychiquement) ? A certains signes assez précis : ne plus penser, ne plus parler, se rendre compte qu’il respire mal…

A contrario, la capacité de penser et de parler librement, d’être bien dans son corps, signe un bon embrayage du vivant de ce côté-là. Je vais insister dans ce texte sur l’importance du parler en français courant (ou en tout autre langage courant), ce qui est le contraire du clivage, de la coupure d’avec soi-même et d’avec autrui. Cela s’oppose au jargon, aux mots compliqués, qui peuvent avoir un réel intérêt théorique, mais aussi être utilisés comme un mur, comme un trait identitaire d’une catégorie professionnelle difficile à comprendre dans la communication.

Dans mon expérience, j’ai souvent été surpris de voir comment parler en français courant est LA manière d’émerger d’une situation où tout semble se figer, s’immobiliser, ou au contraire où la violence et la destructivité pourraient détruire le lien et même le corps. J’en donnerai quelques exemples tirés de ma pratique.

Premier exemple

L’interne que j’étais, il y a bien longtemps, en service d’urgence médicale, se souvient d’un épisode avec un jeune toxicomane. Il me demande avec insistance du parkinane, et en quantité, afin de pouvoir « planer » ; je lui réponds qu’il me demande quelque chose que je ne peux pas lui donner. (…)

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