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PTSD : les mailles de la cotation

Bernard DORAY - Praticien hospitalier, Etampes

Année de publication : 2003

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°12 – La victimologie en excès ? (Juillet 2003)

On dit, et non sans argument, que l’invention du PTSD (Post Traumatic Stress Disorder) a marqué une ère nouvelle dans la reconnaissance sociale des troubles post-traumatiques. De fait, cette configuration de la description des troubles doit beaucoup aux revendications des vétérans états-uniens de la guerre du Vietnam. De cette origine comptable, le syndrome garde un genre qui a fait son succès. Immédiatement intégré dans le système du DSM, il répond à ses critères. Il est en particulier doté d’une affinité avec la pensée clinique pétrie dans l’informatisation massive des données médicales : promotion de la pensée binaire aux dépens de la pensée probabiliste, emphase mise sur les aspects cumulatifs plutôt que sur la singularité des enchaînements événementiels, prétentions universalistes fondées sur le plus petit dénominateur commun plutôt que sur la consistance des diversités de culture, de genre et d’âges… À ce prix, les cotations peuvent apparaître comme une déclinaison d’éléments construits et organisés mécaniquement sur le mode du “il y a” ou “il n’y a pas”.

Pour toutes ces bonnes raisons, auxquelles il faudrait ajouter l’arrogance institutionnelle qui fait qu’aucun programme se référant au traumatisme n’a de chance de trouver de bon bailleur de fonds sans faire une révérence dévote à cette manière de compter la souffrance humaine, pour toutes ces raisons, donc, le PTSD agace. Mais il faut bien préciser ce qui fait problème. Ce n’est pas, en soi, qu’une discipline scientifique produise de l’abstraction numérisable. En vérité, il n’y a pas de science qui n’en produise peu ou prou. Par contre, la marque même du discours scientifique, c’est de pouvoir rendre compte du processus de construction de l’abstraction, d’en évaluer les effets en termes d’entendement du réel et de soumettre cette procédure au doute critique. S’il ne le fait pas, il risque bien de produire des certitudes qui demeureront opaques, puisque leur répondant se trouve ailleurs, en l’occurrence dans une idéologie plombée par la financiarisation dévergondée de la pensée économique. (…)

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