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Violences “pour le bien des patients”

Jean-Pierre MARTIN - Psychiatre, chef de service hôpital Esquirol, (94) Saint Maurice

Année de publication : 2004

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°14 – Violences à la personne (Janvier 2004)

La psychiatrie est de plus en plus appelée à répondre à la violence de sujets en souffrance sur le plan social. Cette violence est le symptôme d’une société quant à ses fonctionnements et à la crise des liens sociaux.

Repérer cette situation globale indique que la psychiatrie est concernée, car elle participe des rapports sociaux de violence au moins sur trois plans : en tant qu’institution sociale, comme lieu de prise en compte du rôle de cette violence dans la constitution des symptômes individuels, mais aussi par les violences qu’elle exerce dans son cadre de soin sur le sujet au nom du « bien des patients ».

Stanislas Tomkiewicz a montré que cette violence institutionnelle a un rapport étroit avec la violence d’Etat et, à propos des enfants, il la décline selon deux catégories de sévices :

  • les personnes que l’on considère comme ne méritant pas un sort meilleur : délinquants, cas sociaux, situations de chronicité dans la répétition, « perdus quoiqu’on fasse pour eux ». Cette catégorie constitue un risque majeur d’exclusion de la part des rationalités médico-administratives actuelles qui tendent à réduire le soin et son coût à une efficience immédiate ou rapide, en contradiction avec les buts éthiques et une prise en charge incluant le temps long.
  • la contrainte exercée au nom du bien de l’enfant (du patient) afin d’extirper le mal qui se trouve en lui. Cette catégorie reste largement repérable dans nos structures de soins où, malgré le souci des droits de la personne (Charte du patient hospitalisé, commission des hospitalisations psychiatriques, place reconnue aux associations de patients et de leurs familles), l’équipe soignante n’imagine pas que le patient puisse être en plénitude un sujet de droit ; nous voyons là un des mécanismes d’une chronicité institutionnelle. (…)

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