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L’Exclusion du soin

Alain PIDOLLE - Psychiatre, Président de la Conférence Nationale des Présidents de CME de CHS-Clinique de psychologie médicale-57370 Phalsbourg.

Année de publication : 2002

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°8 – La psychiatrie publique en questions. 1er volet Paroles de psychiatres (Avril 2002)

Les exclus ne sont pas nécessairement ceux que l’on voit. S’agirait-il des habitants de ces départements où presque tous les postes de psychiatres publics sont à pourvoir ? Combien de services de psychiatrie générale « tournent » avec trois temps plein médicaux voire moins alors qu’il faut avoir au moins 6 ETP pour assurer, dans un service de psychiatrie générale non isolé, l’essentiel des missions qui nous sont confiées. Les quelques 700 postes de psychiatres praticiens hospitaliers vacants publiés au Journal Officiel du 14 mars 2001 laissent augurer des jours difficiles pour ces exclus des départements ruraux et des toutes petites villes désertées tant en psychiatrie publique qu’en psychiatrie privée. L’âge moyen des psychiatres, leur non-renouvellement, la disparition des infirmiers à formation spécifique en psychiatrie, l’ARTT des médecins mais également des paramédicaux seront certainement des facteurs restructurant l’offre de soins beaucoup plus efficaces que ne l’ont été les SROS[1].[…]

La fermeture des lits d’hospitalisation à temps plein qui était considérable ces dernières années, est à mettre en regard avec une augmentation galopante de la demande. Paradoxalement, cela revient à déstructurer le travail de secteur. Dans le département de la Moselle (1 million d’habitants, 14 secteurs de psychiatrie générale dans trois CHS et 2 secteurs en CHG – département « non sinistré »), il n’y avait, un samedi de fin février 2002, que 2 lits vacants en psychiatrie publique dans tout le département. Cette situation qui dure depuis plusieurs mois a entraîné des réorganisations : c’est le centre 15 qui fait le point régulièrement des lits vacants en psychiatrie, et lorsqu’une hospitalisation est décidée par un médecin généraliste ou un service d’urgence, le patient est adressé dans un des hôpitaux du département de la région ou de la région voisine, en fonction des places disponibles et non plus en fonction du secteur qui a l’habitude de s’occuper de ce patient. Quant aux psychiatres dans les CMP, ils temporisent et essayent d’éluder les indications d’hospitalisations temps plein. (…)

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