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Sur le terrain des pratiques. L’Équipe Mobile Précarité Exclusion du Sud Manche

Jennifer MARCHAND
Marie-Pierre MENARD
Yann DANIBERT - Equipe infirmière du CH Pontorson (Manche).

Année de publication : 2007

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES, PUBLIC PRECAIRE

Télécharger l'article en PDFRhizome n°28 – Ruralité et Précarité (Octobre 2007)

L’Equipe Mobile Précarité Exclusion (EMPE) du Sud Manche est une structure de soin du Centre Hospitalier de Pontorson. Elle a vu le jour en janvier 2007. Elle est constituée d’une équipe pluridisciplinaire : un psychiatre coordonnateur, un psychologue, un cadre de santé et trois infirmiers.

Les premières démarches ont été de créer un listing des réseaux existants afin de s’y insérer. Les infirmiers ont opté pour présenter physiquement leurs missions aux futurs partenaires (institutions ou associations). L’équipe se situe comme une charnière entre le tissu social, éducatif, associatif en amont, et le tissu médical en aval. Il était important de rencontrer les unités de soin du centre hospitalier, tels les CMP, afin d’échanger sur la spécificité et la complémentarité de nos missions (pas de suivi au long cours, évaluation, orientation et mobilité). Cette unité de soin évolue au sein de la ruralité. Sa pratique récente met déjà en relief plusieurs particularités :

  • le peu de visibilité sociale de la précarité dû à l’isolement géographique,
  • les méfaits de l’isolement affectif et social : de nombreuses interventions concernent des usagers célibataires, séparés, divorcés ou veufs,
  • les usagers pris en charge ne sont pas sans abri, la cause majeure de la souffrance étant surtout due à l’appauvrissement de la vie sociale et relationnelle.

Au vu de ces spécificités, il est important de passer par un tiers, le réseau. En contact direct avec l’usager, il n’hésite pas à contacter l’EMPE si une situation l’interpelle ou nécessite une intervention. L’équipe interviendra, avec l’accord de l’usager, afin de mener un entretien d’écoute, d’évaluation et d’orientation si nécessaire. L’objectif principal étant de favoriser l’accès au soin, l’EMPE mènera trois entretiens au maximum. Si la demande de soin n’émerge pas, l’équipe interviendra à la suite d’une nouvelle demande d’intervention. Les infirmiers se déplacent là où les besoins s’expriment. Ils ne reçoivent aucun usager dans leurs locaux. Un premier accompagnement physique de l’usager, en structure de soin, est proposé afin d’assurer une continuité du lien. Cette orientation peut se faire également ou conjointement vers le tissu social ou associatif (portage de repas, aide ménagère…). La principale difficulté est la représentation négative de la psychiatrie, ce qui implique un travail de dédramatisation et de vulgarisation constant. Le membre du réseau ayant interpellé l’EMPE est toujours informé des démarches effectuées. Les aspects cliniques rencontrés sont variés. Ils vont de l’état dépressif à l’entrée dans la psychose, en passant par des troubles addictifs et des problèmes somatiques.

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