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Souffrance psychique et violence de civilisation

René KAES - Psychanalyste, Professeur émérite de psychologie université Lumière Lyon II

Année de publication : 2001

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie

Rhizome n°5 – La souffrance psychique aujourd’hui un concept évident et incertain (Juillet 2001)

Le courage et la lucidité de Freud a été de discerner au sein du mal-être de l’Homme la part décisive qui revient au malaise dans la civilisation et, dans celle-ci, ce qui noue sa souffrance au fonctionnement social des institutions et aux exigences de la culture.[…]

Le passage de la pluralité des individus au groupement est décisif, il forme la base de la vie en commun. Dans ce passage s’opère l’échange «d’une part de bonheur possible contre une part de sécurité». Il me semble que la souffrance psychique aujourd’hui prend une part de sa source dans les traits actuels du malaise dans la civilisation.

Parmi ces traits, je voudrais en souligner trois :

1) L’importance du processus de régression des formes contractuelles du lien vers des rapports de force entre des groupes qui détiennent le pouvoir de définir les normes de la civilisation, de l’ordre et des valeurs et ceux qui les subissent. Ce processus de clivage est soutenu par l’économisme et conduit aux détériorations sociales et psychiques radicales qu’engendrent l’extrême dépendance, la destruction des cultures et l’anomie.

Or ces formes contractuelles sont les cadres, ou les socles métapsychiques de la formation de la vie psychique et de la subjectivité. Elles en sont les conditions de possibilité, car à elles sont attachés le travail psychique de symbolisation et d’avènement de l’altérité, mais aussi la capacité d’aimer, de travailler, de jouer et de rêver. En fait, leur régression et leur détérioration soutiennent le travail de la mort dans le processus de la culture.

Dans ce cas, nous avons affaire à autre chose qu’à la souffrance de position sociale, si marquée soit-elle par des inégalités douloureusement ressenties par ceux qui y sont soumis. Ces troubles expriment la désorganisation des contrats qui soutiennent « l’espace où le Je peut advenir » : des contrats de renoncement à la réalisation directe des buts pulsionnels. (…)

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