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Vers une clinique populaire ?

Marguerite ARENE - Psychologue clinicienne.

Année de publication : 2000

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°1 – Interpellations (Avril 2000)

 » Aujourd’hui, avec la violence des processus d’exclusion sociale et de précarisation, la question d’une clinique populaire me paraît plus que jamais le défi le plus exigeant pour les professionnels oeuvrant dans le champ de la santé mentale.  » [1]

“Détachée” d’un secteur de la psychiatrie publique, ces quelques lignes sont écrites avec le regard et les attentes de quelqu’un qui se situe actuellement à l’extérieur, mais qui conserve le plus vif intérêt pour la santé mentale, puisque ma pratique me confronte à la question des drogues ; c’est donc d’une place décalée du secteur que j’écris.

De l’extérieur, le paysage se perçoit ainsi : fermetures de lits, de services, ouverture de MAS, taux directeur en berne, réorganisation du système de soins, de l’administration, des services de l’Etat… Le cadre d’organisation auquel s’arrime le travail des équipes de secteur se trouve bousculé, tordu, déformé ? Je me demande ce que sont devenus les malades, les équipes, les gens, les voisins, les familles ? Non pas ceux-ci, en particulier, mais leur place, le locus, cet espace créé autour d’eux. Quand on “ferme” un lit, on ferme l’espace social de l’entité malade-soignant jusqu’alors “ouvert”, consenti, plus ou moins standardisé. L’épaisseur du silence qui entoure ces fermetures demeure un mystère.

Flux tendu et tolérance zéro

Je relie ces interrogations à quelques faits marquant la charnière du millénaire en France : on brandit les chiffres annonçant la baisse du chômage, mais la souffrance liée au travail et au non travail continue de se développer (emploi précaire et temps partiel, flexibilité au sein des entreprises, principalement imposés au personnel non qualifié et surtout aux femmes…), on se distingue aussi par la mortalité et morbidité liées aux consommations excessives d’alcool et de tabac, les tentatives de suicide et leurs récidives et les suicides, les morts violentes… A ceci on peut ajouter, sans savoir où se situent causes et effets : désocialisations, perturbations des relations affectives, ruptures familiales, maltraitances à enfants, consommations banalisées de tous produits psychoactifs, pour tenir, s’adapter… La psychiatrie de secteur a forcément quelque chose à dire de cette sémiologie, elle en est atteinte aussi, traversée, comme l’est la société. (…)

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