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Pourquoi l’offre devrait-elle être forcément inadéquate ?

Gladys MONDIERE - Psychologue, Centre de Santé Mentale TRIESTE

Année de publication : 2000

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°3 – L’offre de soin entre politique et subjectivité (Décembre 2000)

La plupart du temps ce qui nous aide à penser, ce qui sert de base à une élaboration théorique, c’est un modèle. De la même manière, ce qui a participé de notre construction en tant qu’être humain c’est le modèle parental. Jusqu’au plus tôt de notre construction, c’est la réponse de la mère à nos demandes qui laisse en nous une empreinte d’attachement d’amour ou de désamour telle qu’elle va marquer notre mode relationnel.

Ainsi, la mère la première nous initie à l’échange : le nourrisson est du côté de la demande, la mère du côté de l’offre. Rapidement, l’échange s’instaure, et l’enfant offre en retour. Son sourire, en particulier, et ce n’est pas la moindre des choses, puisque, selon Spitz, c’est le premier organisateur du psychisme humain ! !

Le petit d’homme grandit, et c’est au stade anal que la question de l’offre prend toute sa place dans son développement affectif et relationnel. En effet, à ce stade freudien, véritable rituel initiatique de la négociation, de l’échange, la notion de l’offre émerge chez l’enfant comme pouvant venir de lui. Il offre, dans le cadre de l’apprentissage de la propreté, ses selles en cadeau à la mère qui est sensée le recevoir comme tel ! Bien évidemment, celle ci ne se situe pas dans le réel mais davantage dans le symbolique, et au-delà de ce présent, si peu présentable ! , elle reçoit de la part de son enfant une réponse à son exigence éducative.

Ainsi la demande réelle (être propre) et symbolique (accepter de grandir) de la mère est satisfaite dans un réel qu’elle doit transformer symboliquement pour le rendre acceptable.

Si, comme nous l’admettons «communément », la frustration se définit par le manque imaginaire d’un objet réel, et la privation par le manque réel d’un objet symbolique, alors la mère peut se sentir frustrée ou privée par le comportement de son enfant.

Du côté de l’enfant, si l’angoisse de castration, constitutive du complexe d’Œdipe, arrive quelques années plus tard, privation et frustration ont participé de son développement psychique. Même si, comme chacun sait point trop n’en faut, nous y reviendrons. (…)

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