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L’inclusion scolaire des élèves allophones

Christine PEREGO - Formatrice académique et chargée de mission au Casnav(1) de l’Académie de Lyon, Doctorante – Université Montaigne – Bordeaux

Année de publication : 2020

Type de ressources : Rhizome

Rhizome n°78 – L’école prend-elle soin ? (novembre 2020)

Aujourd’hui omniprésent dans les débats sur l’école et dans les textes institutionnels, le terme « inclusion » reste encore majoritairement associé au champ du handicap. Pourtant, l’inclusion scolaire concerne tou.te.s les élèves et essentiellement les plus « vulnérables », terme qui tend à s’imposer dans les textes européens et nationaux les plus récents sur l’éducation inclusive et qui permet d’englober un public beaucoup plus large, dont ceux.celles que l’on désigne comme « élèves allophones nouvellement arrivé.e.s » (EANA)(2), enfants et jeunes plurilingues de tout âge et de toute origine. Chaque élève a son histoire, faite de ses expériences migratoires, familiales, scolaires et linguistiques qui font la richesse et la diversité de ce public. Certain.e.s arrivent avec un solide bagage scolaire, d’autres découvrent l’école. Les un.e.s arrivent en famille, d’autres seul.e.s, directement de leur pays d’origine ou après un long et chaotique parcours migratoire.

L’inclusion est avant tout un droit (soutenu aujourd’hui par tout un arsenal de textes législatifs internationaux et nationaux), celui de l’accès plein et entier pour tou.te.s les élèves à la vie scolaire et sociale, et ce, quelles que soient leur origine sociale, géographique, linguistique et leurs compétences scolaires. Mais « au-delà des objectifs à atteindre, [l’inclusion] vise la réalisation de valeurs et de principes transcendants(3) ». Parmi ces valeurs, le respect et la valorisation de la diversité, du droit à la différence, l’équité, la bienveillance, la bientraitance. Ce ne sont pas que des mots à la mode ou des concepts en vogue. Décréter l’école inclusive, c’est considérer « les différences individuelles non comme des problèmes à résoudre, mais comme des possibilités d’enrichissement de l’apprentissage(4) ». Affirmer une école inclusive, c’est prétendre que le système scolaire doit s’adapter aux besoins des élèves, de tou.te.s les élèves, sans distinction, quelles que soient leurs compétences, leurs difficultés, leurs différences. Pour soutenir ces valeurs et ces principes, l’inclusion implique des modifications fondamentales de l’intervention scolaire et du système éducatif, « la dimension pédagogique est au cœur du projet de l’inclusion scolaire(5) ». Un changement de paradigme s’est opéré. D’un système centré sur l’élève et sa capacité à s’adapter à la norme, on est passé à un système centré sur l’enseignant.e et sa capacité à s’adapter aux besoins des élèves. (…)

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