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Edito

Nicolas MERYGLOD
Valérie COLIN

Année de publication : 2009

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SANTE MENTALE, SCIENCES HUMAINES, PUBLIC MIGRANT, Demandeurs d'asile

Rhizome n°37 – De l’exil à la précarité contemporaine, difficile parentalité (Décembre 2009)

En amont de toute définition positive, l’usage de la notion de parentalité notifie qu’être parent ne va plus de soi : on ne l’est plus seulement juridiquement et/ou biologiquement, mais on le devient ; avec un fort mouvement des politiques publiques pour soutenir, restaurer et protéger des capacités parentales émergeant sur fond d’impuissance, d’incapacité, voire de toxicité pour les enfants.

Dans ce contexte, la relation parent-enfant se présente souvent sous la forme paradoxale d’un monde à l’envers de celui auquel on s’attend.

Ainsi, le seul titre de Jacques Barou, déjà évocateur de cette inversion : désarroi des parents, compassion des enfants, indique la parentalisation des enfants : ils sont d’emblée intégrés dans une communauté scolaire, alors que les parents demandeurs d’asile se retrouvent plus isolés, moins aptes à l’apprentissage linguistique, comprenant moins bien les règles de la société d’accueil, fragilisés par leur propre parcours. Ainsi, saisissons-nous le sens de la « vocation » médicale de cette petite fille algérienne de cinq ans : « je voudrais devenir médecin, plus tard, pour soigner papa et maman. Maman pleure, Papa est triste ».

Mais pour rendre compte du désarroi parental, il est aussi nécessaire de comprendre le cadre juridique auquel les demandeurs d’asile sont soumis en tant que parents. Certes, le Conseil d’Etat, dans son célèbre arrêt GISTI du 8 décembre 1978, affirme pour les étrangers « le droit de mener une vie familiale normale », affirmation consolidée par le Conseil Constitutionnel en 1993, puis, en 1998, par le Droit des étrangers inspiré de l’article 8 dela Convention Européenne des Droits de l’Homme. Cependant, surtout depuis ces dix dernières années, la législation française ne cesse d’insister sur une parentalité a priori suspecte de fraude et qui doit se justifier. A titre indicatif : le concubinage des étrangers ne donne aucune légitimité aux enfants qui en sont issus, contrairement aux ressortissants français ; et pour régulariser leur situation, les parents sans-papiers doivent apporter la preuve qu’ils contribuent effectivement à l’entretien et à l’éducation de l’enfant…, alors même que le sans-papiers n’est pas autorisé à travailler… (…)

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