Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°62 – Usage(r)s de drogues (Décembre 2016) // Edito

Edito

Nicolas CHAMBON
Christian LAVAL

Année de publication : 2016

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SANTE MENTALE, SCIENCES HUMAINES, Sociologie

Rhizome n°62 – Usage(r)s de drogues (Décembre 2016)

Toxicomanes ? Drogués ? Usagers de drogues ? Consommateurs de produits psychoactifs ? Si cette dernière terminologie apparaît être la moins stigmatisante et la plus adéquate, l’entrée choisie -pour ce Rhizome- de l’usage et des usagers permet d’appréhender leur multiplicité, ainsi que la pluralité des problématiques induites au-delà de l’addiction pathologique. Patrick Pharo précise d’ailleurs dans ce numéro pourquoi les troubles liés à une substance et les troubles addictifs ont été confondus, et nous invite à distinguer les deux.

Ce Rhizome est publié dans un contexte où le bienfondé de la judiciarisation de la consommation est discuté. Deux contributions documentent les enjeux de la définition de ce qui est légal ou non. De manière schématique, certaines substances ont des propriétés pharmacologiques et sont légales et contrôlées, tandis que d’autres produits sont eux considérés comme des « drogues illicites ». Aujourd’hui, la fin du « consensus sur la guerre à la drogue » appelle à redéfinir l’objet de l’intervention et la place du (prendre) soin. Selon Anne Copell, il n’y a pas d’autres choix que d’apprendre à « coexister avec les drogues en limitant autant que possible les risques et les dommages ».

Réductions des risques (et des dommages)

Les champs et les intervenants concernés par cette thématique sont aujourd’hui nombreux. Dans une perspective de santé publique, des médecins d’une Consultation jeunes consommateurs (CJC) rappellent ainsi l’importance d’une approche pluridisciplinaire. Pendant que des groupes d’auto-support se sont institutionnalisés pour faire de la réduction des risques liés à la consommation l’objet de l’intervention, cette perspective d’accompagnement et de soin a été légitimée par les politiques de santé publique. Mais jusqu’où aller pratiquement ? L’ouverture des salles de consommation à moindre risque, si elle est une réponse qui fait fortement sens d’un point de vue de santé publique, dérange, notamment l’opinion publique. Comment faire de cette question une affaire collective alors que c’est au nom de la liberté d’agir que la consommation peut se justifier ? (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

Recours aux droits sociaux et accès de violence

précarité - accompagnement - violence - droit - émotion

Arnaud Béal  - Année de publication : 2021

« Docteur, j’ai mal à ma psychiatrie… »

précarité - souffrance psychique - psychiatrie publique

Myriam ALDERTON - Année de publication : 2002

Migration : les frontières mentales

précarité - migration