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Entretien avec Patrick Pharo, sociologue et philosophe

Patrick PHARO - Ancien directeur de recherche au CERSES Ancien directeur du CERSES (Centre de Recherche Sens Ethique Société)

Année de publication : 2016

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, Philosophie

Rhizome n°62 – Usage(r)s de drogues (Décembre 2016)

La sociologie morale telle que je la conçois est une sociologie qui s’intéresse aux idées morales et philosophiques que se font les gens ordinaires au sujet de leurs propres vies. On étudie une pratique à partir de ce que pensent les intéressés, et pas seulement à partir des cogitations du chercheur. Ce qui implique de faire des enquêtes ou de rassembler des documents sociaux significatifs, comme je le fais depuis quelques années autour du cinéma qui est devenu aujourd’hui, en tant que fenêtre sur le monde social, ma principale source de données.

Je me suis intéressé à la question des addictions en explorant le volet théorique de la sociologie morale qui porte sur le sens et les motifs des actions sociales. Les recherches dans ce domaine ont souvent privilégié les questions de rationalité au détriment de celles de sentiment. Je me suis centré au contraire sur la question du plaisir parce que je pense que ce qui motive une action c’est toujours l’attente d’un plaisir ou d’une « récompense », ou au moins la cessation ou l’évitement d’une douleur – si on se place dans la perspective des épicuriens.

Rhizome : On rapproche souvent les problématiques liées à la consommation de drogues à celles de l’addiction. Que recouvre le concept d’addiction ? Il y a t-il un enjeu à distinguer les deux ?

Patrick Pharo : C’est l’Association américaine de psychiatrie qui, depuis le DSM V, fait elle-même le rapprochement entre troubles liés à une substance et troubles addictifs, dans lesquels elle inclut le jeu pathologique, qui est une addiction sans substance. Le fait est que tous les plaisirs intenses, avec ou sans substance, peuvent donner lieu à des dérèglements addictifs, sous forme de craving (désir impérieux de consommer), d’usage compulsif, de tolérance, du syndrome de sevrage, d’obnubilation sur l’objet, de conséquences négatives pour soi-même et pour les autres… (…)

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