Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°77 – Révéler la nuit (juillet 2020) // « La nuit je mens… »

« La nuit je mens… »

Antony CHAUFTON - Psychologue clinicien en Csapa, Sato Picardie, Beauvais

Année de publication : 2020

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, PUBLIC MIGRANT

Rhizome n°77 – Révéler la nuit (juillet 2020)

« La nuit je mens, je prends des trains à travers la plaine(1) », chantait Alain Bashung. Que sont les trains pour ces femmes migrantes, travailleuses du sexe, qui « travestissent » leur journée en venant exercer leur activité sur des territoires des Hauts-de-France ? Domiciliées dans les départements limitrophes, les voici, à la tombée de la nuit, embarquées dans des trains pour regagner un foyer, une famille, un entourage, ou pour enchaîner sur d’autres activités.

Le jour, en attendant des clients éventuels, elles branchent leur téléphone pour converser avec une voisine ou peut-être l’un de leurs enfants, voire un proche plus éloigné géographiquement, demeurant hors de l’Hexagone. Durant les heures qui s’étirent jusqu’à la fin du jour, au milieu des allées et venues diverses, ces femmes sont là, attendant dans une camionnette ou déambulant, aux abords des forêts. Puis, lorsque la nuit arrive, elles retournent vers d’autres scènes.

Le soir venu, elles peuvent retrouver une place de mère, d’épouse, d’amie, de sœur, de concubine. Qui sait d’autre encore ? Elles retrouvent un enfant, un proche, organisent un dîner familial, se saoulent à l’occasion (car la solitude partagée à trois ou quatre dans une chambre d’hôtel invite certainement plus volontiers à cela) ou poursuivent des conversations, laissées en suspens çà et là, avec une voisine, une sœur ou une cousine éloignée de plusieurs centaines de kilomètres. Certaines d’entre elles, parfois, se tournent même vers une autre activité rémunérée, plus officielle, pour les soirées ou même les nuits, comme infirmières, aide soignantes, garde-malades. Cela donne à l’activité prostitutionnelle un autre sens, un autre visage du soin. (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

Les espaces de la pensée. Réflexion sur la notion de placement

psychanalyse - enfance

Olivier MOYANO - Année de publication : 2004

Du sadisme au texte et de son usage vivifiant

psychanalyse - Belgique - professionnalité

Lina BALESTRIERE - Année de publication : 2011

Recours aux PASS et aux EMPP: Quelles demandes ? Quelles souffrances ?

psychanalyse - accès aux soins - équipe mobile - permanence d'accès aux soins de santé (PASS)