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« Faciliter » un groupe d’entraide du Rev France, l’expérience de Montpellier

Graziella GOLF - Coresponsable de l’antenne, Montpellier du REV France, Cofacilitatrice du groupe de parole, Montpellier
Thomas D’HAUTEVILLE - Coresponsable de l’antenne Montpellier du REV France, Cofacilitateur du groupe de parole, Montpellier
Magali MOLINIE - Maître de conférences en psychologie, université Paris 8 (LPN 2027), Vice-présidente du REV France, Paris

Année de publication : 2020

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, Sociologie, TRAVAIL SOCIAL

Cahiers de Rhizome n°75-76 – Pair-aidance, interprétariat et médiations (mars 2020)

Le REV France est né en 2011. Ses objectifs ? Contribuer à l’acceptation sociale des voix et autres perceptions sensorielles sortant de l’ordinaire, qu’il considère comme des expériences faisant partie de la diversité des expériences humaines et potentiellement porteuses de sens plutôt que comme des symptômes psychiatriques. Des chemins personnels existent pour apprendre à composer avec ces expériences, se dégager d’une identité de malade pour développer une identité positive de personne qui entend des voix ou vit d’autres perceptions ou sensations inhabituelles (Dillon et Horstein, 2013). L’Association diffuse ce message d’espoir à travers des conférences publiques, des formations, des rassemblements et en soutenant la création de groupes de parole. Ces espaces offrent différentes possibilités aux entendeurs de voix de sortir de leur isolement, de partager leurs expériences, de retrouver l’espoir d’une vie digne d’être vécue, de s’engager dans un processus de rétablissement personnel.

Le Réseau français sur l’entente de voix (REV France) est membre d’un mouvement international qui s’est développé à partir des travaux pionniers de Marius Romme et Sandra Escher (1989) à la fin des années 1980. En partenariat avec des entendeurs de voix psychiatrisés ou non, ces auteurs développent une approche qui met l’accent sur l’acceptation des voix plutôt que leur évitement, la recherche d’un sens à cette expérience, les moyens d’y faire face et de se rétablir. Trauma, deuil, pauvreté, migration peuvent jouer un rôle, au même titre que d’autres événements adverses, qu’il ne faut pas négliger dans leur apparition et leur maintien. Le mouvement, qui s’est progressivement construit et renforcé dans les années 1990, promeut les besoins et les perspectives des personnes qui entendent des voix ou vivent d’autres expériences sensorielles sortant de l’ordinaire. Il influence l’agenda des recherches universitaires, des pratiques cliniques et sociales, notablement en Grande-Bretagne, où il s’est particulièrement développé (Longden, Read et Dillon, 2018).

Il existe à ce jour une cinquantaine de groupes de parole REV en France, y compris en Nouvelle-Calédonie, en Martinique et à La Réunion. Suivant ce que leurs participants décident, ils peuvent être réservés à des entendeurs de voix ou bien ouverts à toute personne – professionnels, proches – intéressée par la question de l’entente de voix et celle de son propre rétablissement. Leurs membres préfèrent généralement se réunir dans des espaces associatifs et citoyens, tels qu’une maison des associations, un café, une bibliothèque ou un groupe d’entraide mutuelle (GEM). (…)

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Dillon, J. et Hornstein, G. A. (2013). Hearing voices peer support groups: A powerful alternative for people in distress. Psychosis, 5(3), 286-295.

Longden, E., Read, J. et Dillon, J. (2018). Assessing the impact and effectiveness of hearing voices network self-help groups. Community Ment Health, 54(2), 184-188.

May, R. et Hayes, J. (2012). Le mouvement Hearing Voices : une approche émancipatrice du fait d’entendre des voix. Dans E. Gardien (dir.), Des innovations sociales par et pour les personnes en situation de handicap (p. 195-214). Toulouse : Érès.

Molinié, M. et Demassiet, V. (2016). Des groupes d’entendeurs de voix, pour qui, pourquoi, pour quoi faire ? Dans R. Jardri, F. Larøi et J. Favrod, Psychothérapies des hallucinations (p. 93-106). Issy-les-Moulineaux : Elsevier Masson.

Romeder, J.-M. et al. (1989). Les groupes d’entraide et la santé : nouvelles solidarités. Ottawa, Canada : Conseil canadien de développement social.

Romme, M. et Escher, S. (1989). Hearing Voices. Schizophr Bull, 15(2), 209-216.

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