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Penser la haine après le trauma

Élise BOURGEOIS-GUERIN - Psychologue, Chercheure postdoctorale Centre de recherche Sherpa, Montréal, Québec
Mathieu BRAMI - Psychologue, Équipe clinique polarisation, CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’île-de-Montréal, Montréal, Québec
Cécile ROUSSEAU - Professeure titulaire, Division de psychiatrie sociale et culturelle, Université McGill, Directrice scientifique, Centre de recherche Sherpa, Montréal, Québec

Année de publication : 2018

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°69-70 – Soigner le traumatisme ? (décembre 2018)

Les croisements entre trauma et violence sont souvent pensés sous l’angle de la violence subie, le premier s’inscrivant dans le sillage de la seconde. Les effets de la violence se traduisent alors en symptômes, mais aussi en agir, dans des cycles de répétition traumatique où la personne traumatisée peut se remettre dans des situations de risque. Qu’ils empruntent le vocabulaire de la psychanalyse ou celui d’approches biomédicales, de nombreux écrits en psychologie mettent ainsi de l’avant le caractère déstructurant de la violence traumatique.

Si le trauma psychique s’inscrit souvent comme conséquence naturelle de la violence, la façon dont, à l’inverse, la personne traumatisée peut devenir l’agresseur et remettre en scène le trauma en inversant les rôles est beaucoup moins explorée. L’héritage du discours victimaire pèse ici lourd sur les conceptions. Centré sur une figure de la victime « pacifiée-passifiée (1) », ce discours tend à reléguer la violence du seul côté de l’agresseur.

La violence que porte la victime et la constellation d’affects (colère, rage, haine, sentiment de révolte, par exemple) qui y sont liés sont ramenés au rang de symptômes par les approches phénoménologiques dominantes. Parmi les critères diagnostiques de l’état de stress post-traumatique (ESPT), le DSM-V évoque par exemple l’irritation, les crises de colère, l’agression physique ou verbale. La question de la légitimité de la colère des victimes est ainsi évacuée et sa portion potentiellement vitalisante, occultée (2). En pathologisant de la sorte la violence de la victime de traumatisme, cette vision la dépossède d’une part de son pouvoir (3). (…)

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