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Qui sont les jeunes jhiadistes français?

Farhad KHOSROKHAVAR - Sociologue, Directeur d’étude à l’EHESS, Paris

Année de publication : 2016

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie

Cahiers de Rhizome n°59 – Les adolescents (et ce qu’ils ont de) difficiles (Mars 2016)

Cet article vise à dresser une typologie des jeunes Jihadistes français alors que l’année 2015 a été marquée sur le territoire national par des attentats revendiqués par des groupes se réclamant de l’islam radical, et sur la scène internationale par l’extension du conflit Syrien aux territoires voisins. On peut distinguer plusieurs générations d’islamistes radicaux en Europe qui ont pour trait commun d’être des « terroristes maison », c’est-à-dire qui ont été élevés et éduqués en France et que les Anglo-saxons appellent « homegrown terrorists » : des jeunes scolarisés et éduqués dans les pays européens. On pourrait dresser le profil du « Jihadiste maison » à partir de ces attentats depuis 1995[1] jusqu’à la tuerie de Charlie Hebdo en janvier 2015 : ils sont tous des jeunes qui ont eu des démêlés avec la justice, ont eu un passé délinquant, ayant commis des vols ou fait du trafic. La grande majorité a eu des périodes d’emprisonnement plus ou moins longues ; avec, pour la plupart, une enfance malheureuse, souvent avec placement dans des foyers et une errance mentale qui en a fait des êtres à problèmes dès leur jeune âge. Pratiquement tous étaient désislamisés et sont devenus musulmans « born again » ou convertis Jihadistes sous l’influence d’un gourou, des copains ou à partir de leurs lectures sur Internet ou en prison. Enfin, la grande majorité a fait le voyage initiatique dans un pays du Moyen-Orient ou des zones de guerre (Irak, Syrie, Afghanistan, Pakistan…).

Le jihadisme des jeunes désaffiliés ou la sacralisation de la haine

On peut distinguer deux types de Jihadistes selon la classe sociale : ceux des classes moyennes et ceux d’origine populaire, la plupart d’origine immigrée, quelques-uns des convertis. En France, les jeunes des classes moyennes qui participent aux attentats Jihadistes sont une infime minorité jusqu’aux attentats du 13 novembre 2015. (…)

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