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Vingt-cinq ans de jeunes en errance active. Où en est-on?

François CHOBEAUX - CEMEA, Animateur du réseau national « Jeunes en errance »,Travailleur social, Sociologue, Paris

Année de publication : 2016

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, TRAVAIL SOCIAL, PUBLIC PRECAIRE

Cahiers de Rhizome n°59 – Les adolescents (et ce qu’ils ont de) difficiles (Mars 2016)

Voici plus de vingt ans que les « jeunes en errance » sont apparus en France sur la place publique et sociale avec leurs comportements et leurs looks inhabituels et un peu provocateurs, leurs sacs, leurs chiens, leurs consommations de substances psychoactives, et leur discours permanents de revendication de leur statut. Cette population, étrange objet sociologique mal défini, est devenue une question sociale et professionnelle au fil des années (Pattegay, 2000 ; Rothé, 2015). En même temps, le terme « errance » a été utilisé pour qualifier de plus en plus de populations diverses, l’errance dite « active » (Chobeaux, 2001) permettant alors de caractériser ces jeunes assez particuliers. Qu’est-ce que l’errance, et qu’est-ce que l’errance active ? Tous la vivent-ils de façon semblable ? Comment travailler avec eux ? Et cette errance a-t-elle à voir avec l’adolescence ?

Genèse du terme « jeunes en errance »

En 1991, je menais durant les grands festivals de musique et de théâtre de Bourges, La Rochelle, Lorient, Avignon, une mission d’exploration portant sur les jeunesses festivalières, ceci dans le cadre de la création d’une fonction « Jeunesse » au sein des CEMEA[1]. J’y rencontrais ces jeunes, et proposais alors aux CEMEA et au ministère de la Jeunesse et des Sports de conduire un travail de recherche approfondi auprès d’eux. J’avais proposé le terme « Jeunes en errance » pour les qualifier ; « errance » m’était venu en les ayant entendu dire, et vu, leurs déplacements aléatoires et leur impossibilité à se fixer. Eux disaient d’eux-mêmes, comme ils le disent encore aujourd’hui, « on est des zonards », « on vit la zone ». Je disais alors « ce sont des jeunes âgés de 16 à 25 ans, engagés dans une dynamique forte de marginalité, et qui revendiquent cette situation en disant qu’ils l’ont choisie afin de mettre leurs actes en accord avec leurs pensées » (Chobeaux, 1996-2011). Aujourd’hui ils reprennent souvent à leur compte le terme médiatique « punks à chiens », que l’on retrouve à l’identique en Espagne, en Italie et en Allemagne. Les échanges et les travaux conduits au sein du réseau national « Jeunes en errance » montrent qu’ils sont toujours là, beaucoup plus nombreux que durant les années 1990, maintenant visibles en permanence dans toutes les villes grandes villes et les villes moyennes, consommant encore plus de produits psychoactifs, certains plus âgés, dans des groupes plus féminisés, hier 15 % de femmes aujourd’hui 40 %, surtout très jeunes (Chobeaux et Aubertin, 2013). (…)

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