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Les frontières de l’adolescent

Patrick ALEClAN - Pédopsychiatre, Coordinateur clinique de la Maison de l’adolescent du Val de Marne, Psychanalyste adhérent SPP (Société Psychanalytique de Paris), Créteil

Année de publication : 2016

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES MEDICALES, Pédopsychiatrie

Rhizome n°59 – Les adolescents (et ce qu’ils ont de) difficiles (Mars 2016)

Rhizome : En tant que pédopsychiatre, comment définissez-vous l’adolescence ?

Patrick Alécian : Il y a confusion, notamment au niveau des âges et des durées que comprend cette période. Chaque période culturelle apporte ses variations à la définition de cet âge. Mais il existe bel et bien un invariant de l’adolescence. Dans les années 1980 pour beaucoup de professionnels, l’adolescence commençait entre 12 et 13 ans et pouvait aller jusqu’à 25 ou 30 ans dans certaines institutions. Il y avait donc bien une réelle confusion sur les problématiques d’un jeune de 14-15 ans et de 21-23 ans. Aujourd’hui, je trouve violent d’appeler un jeune de 22 ans un adolescent et c’est aussi violent d’appeler des gamins de 10 ou 12 ans des adolescents ou des préadolescents. Je réfute même le terme d’adolescent dans le terme « préadolescent » pour ces âges-là. L’adolescence c’est une dynamique psychique qui se développe après le plus fort de l’emprise de la physiologie pubertaire sur le corps. L’acmé pubertaire étant marquée par les premières règles pour les filles, entre 12 et 14 ans, et la première éjaculation pour les garçons, environ à 15 ans[1]. Ces évènements respectifs pour le garçon et la fille sont préalables aux mouvements psychiques qui passeront d’abord par une latence de quelques semaines ou quelques mois. Ces mouvements déterminent pour la latence le refoulement du récit infantile, puis l’apparition de la sexualisation du corps et de la pensée. Il y a véritablement, toutes cultures et périodes confondues, deux années qui peuvent être ciblées comme étant ce qu’est l’adolescence dans la vie des jeunes filles (actuellement vers 13-15) et des jeunes garçons (actuellement vers 15-17). Ce qui précède doit vraiment être préservé comme étant du domaine de l’enfance. Des gamins de 13 ans qui sont agités, qui font les quatre cents coups, voire qui vont aux actes extrêmes jusqu’à tuer d’autres gamins – car malheureusement ces situations sont survenues dans le Val de Marne – sont des enfants. Ce ne sont pas des adolescents. Ils ont amorcé leur taille, mais ils n’ont pas acquis la pilosité pubienne ni la mue et ne sont pas engagés dans la sexualisation des pensées. Cependant, on me parle de ces jeunes comme étant des « adolescents incasables ». Je ne suis vraiment pas d’accord. (…)

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