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L’interprète, un intervenant en santé mentale ?

Nicolas CHAMBON - Sociologue, Orspere-Samdarra, Centre Max Weber-Lyon II
Natacha CARBONEL - Chargée d’étude, Orspere-Samdarra

Année de publication : 2015

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, PUBLIC MIGRANT

Cahiers de Rhizome n°55 – L’interprétariat en santé mentale (Février 2015)

C’est dans le cadre d’une étude menée par l’Orspere-Samdarra depuis décembre 2013 qu’un travail d’enquête questionne la problématique de l’interprétariat en santé mentale auprès du public allophone, et plus spécifiquement la place et le rôle de l’interprète. Sans a priori normatif sur le sujet, notre enquête a alors consisté à interroger[1] les interprètes, à les observer dans leurs activités et ainsi être attentif aux compétences mobilisées et aux difficultés rencontrées dans cet exercice.

Traductions incorrectes, perte de sens, comportements et rôles inappropriés au cours des entretiens, cadres professionnels classiques bouleversés, liens et relations modifiés et biaisés avec le public, barrière aux soins, attentes non définies… Les critiques des professionnels soignants sont nombreuses au sujet des interprètes. Si l’interprète peut être perçu par certains soignants comme une personne cruciale dans le cadre d’entretiens thérapeutiques, sa présence peut être contestée par d’autres[2]. Qu’attend-t-on de l’interprète ? Est-il un médiateur culturel ou « simple » traducteur ? Si de manière théorique, la distinction paraît claire, l’enjeu de ce plan d’enquête est bien de voir comment les interprètes rendent compte de leur activité.

Interprète, une profession ?

Le premier enseignement de cette enquête est que le métier est extrêmement précaire et qu’il y a déjà à cet endroit enjeu à professionnalisation. Du fait d’un nombre d’heures de travail souvent réduit, des déplacements imposés, c’est une activité qui est a priori complémentaire d’une autre, mais qui dans les faits est toujours l’activité principale pour les interprètes que nous avons rencontrés. Ils se tournent majoritairement vers ce métier avec l’objectif de mettre à profit leur bilinguisme, pour certains comme première activité après avoir obtenu l’asile. Notons aussi que l’accès au marché d’interprétariat dépend essentiellement des flux migratoires du moment. Cela signifie qu’un interprète peut avoir du travail pendant quelques années, par exemple suite à un fort afflux, et ne plus trouver de travail ensuite. Ces derniers mois la demande d’interprète était par exemple forte en albanais en région Rhône-Alpes. Le contexte est aussi très concurrentiel. Plusieurs fois, nous avons été face à des situations où des interprètes ont répondu positivement à nos sollicitations d’entretiens pensant que nous pourrions leur apporter des marchés. (…)

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