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La participation des usagers en santé mentale : qu’est-ce qu’on (en) attend ?

Nicolas CHAMBON - Sociologue, Orspere-Samdarra Centre Max Weber Université Lumière Lyon

Année de publication : 2015

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie

Rhizome n°58 – La participation des usagers en santé mentale (Novembre 2015)

Le champ de la santé mentale est-il, lui aussi, concerné par l’« impératif participatif » [1] qu’a connu la politique de la ville ? Dans cette optique, l’aspiration à la démocratie participative émanerait plus de la volonté des gouvernants que des gouvernés, et se situerait donc plutôt du côté des institutions et dispositifs qui font face à un cadre législatif de plus en plus contraignant pour organiser la participation des usagers, notamment dans la gouvernance de leurs organisations.

Pour commencer, il est important de noter que toutes les personnes qui ont participé à notre enquête (voir l’encadré) accueillent avec bienveillance l’éventualité d’une représentation plus importante d’usagers au sein du conseil d’orientation en santé mentale (Cosm), (voir l’encadré). Ce n’est donc pas sur ce point que porte l’aspect problématique, mais bien sur les attentes liées à cette présence, puisque tous en attendent un bénéfice. Nous distinguons ici trois types d’attentes avec l’hypothèse que leur essentialisation participe d’une difficulté à rendre effective cette participation des usagers [2], notamment dans le champ institutionnel.

Une participation civile et politique

C’est au nom de la démocratie sanitaire que les usagers ont par exemple leur place dans les conseils locaux en santé mentale. C’est alors en tant que citoyen qu’ils sont appelés à participer par un principe de mise en équivalence. Selon un membre du comité de pilotage (Copil) : « tout témoignage du terrain et des utilisateurs a une importance capitale ». Ces lieux sont aussi des instances politiques, et l’opportunité d’avoir des usagers en leur sein est aussi une manière d’être aux prises avec la réalité de terrain, avec le vécu, d’être « connecté ». Autrement dit, il apparaît important de contrevenir au mouvement plutôt descendant de ce type d’instance, par la caractérisation, la désignation de représentants à même de faire remonter ce qui est de l’ordre de problématiques de terrain, ce d’autant plus incarné par les personnes concernées, et donc en vis-à-vis ou en complément des professionnels qui sont à leur côté (et qui d’ailleurs les font exister comme usagers). (…)

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