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La vie de l’esprit: le pouvoir du commencement dans le grand temps

Jean FURTOS - Psychiatre des Hôpitaux honoraire (Orspere-Lyon), Psychiatre à l’Hôpital de jour de la Chavanerie (Chaponost, 69-Orpea)

Année de publication : 2014

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°54 – A la frontière du psychisme, la spiritualité ? (Novembre 2014)

La polysémie du mot esprit impose au moins deux acceptions sémantiques.Un premier sens rassemble l’ensemble des facultés intellectuelles et affectives humaines, que l’on appelait autrefois « les facultés de l’âme » : l’intelligence, la volonté, la mémoire, l’imagination, la sensibilité. Rien à voir avec l’âme immortelle des religions, mais plutôt avec ce qui est traduit par esprit à partir de l’anglais mind, ou du latin mens, mentis (qui a donné le mot « mental »), ou encore traduit par manas en sanskrit. Les activités mentales, conscientes et inconscientes, sont considérées comme différentes du corps et en relation avec lui. Dans notre culture, ce niveau de signification, particulièrement privilégié après Descartes, se situe dans une relation dualiste corps-esprit, relation qui a pris une orientation tantôt idéaliste (le primat de l’esprit), tantôt matérialiste (le primat du corps). La métapsychologie freudienne se situe dans ce champ qui est globalement celui de la vie psychique. Les travaux des cognitivistes et des neurosciences explorent ces points de vue. Le « psy » des mots psychologue et psychiatre se situe là, au niveau de l’objet explicite des théories en santé mentale, du côté des pathologies comme de la santé positive, dans le registre des mécanismes psychiques et mentaux, de leurs causalités, de leurs déterminants. Il s’agit d’un quasi organe plurifonctionnel et complexe obéissant à des lois que l’on peut décrire.

Un second sens renvoie à une acception spirituelle, comme le suggère l’étymologie du mot esprit : du latin spiritus, d’où viennent les mots spirituel, spiritualité ; ce sens renvoie au souffle, au vent, de même origine que pour les mots respirer, soupirer, aspirer ; c’est l’équivalent du grec pneuma et de l’hébreux biblique rouah. Dans ce sens, on dira équivalemment d’un mourant « qu’il a rendu son dernier souffle » ou « qu’il a rendu l’esprit ». On parle aussi de l’esprit saint, ce qui ouvre sur le religieux. Les traditions chinoises, indiennes, grecques, africaines, les religions monothéistes comme celles de l’Egypte ancienne, ont utilisé toute une palette de mots pour préciser ce niveau de sens. (…)

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