Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°44 – Ambiguïté de l’accompagnement, précarité de la transmission (Juillet 2012) // Ethiques dans l’accompagnement de la grande exclusion

Ethiques dans l’accompagnement de la grande exclusion

Jean-Pierre MARTIN

Année de publication : 2012

Type de ressources : Rhizome - Thématique : TRAVAIL SOCIAL, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°44 – Ambiguïté de l’accompagnement, précarité de la transmission (Juillet 2012)

Le thème de l’éthique a pris place dans nos pratiques d’accompagnement auprès des précaires, que ce soit dans les contenus de l’accompagnement social et vers les soins. Si le terme signifie dans la philosophie grecque une «manière d’être» il est plutôt utilisé aujourd’hui comme une « manière de faire ». Est-il marqué par un retour à un moralisme conservateur comme le relève Alain Badiou? Auquel cas il se réduit à une façon d’accompagner le cynisme des politiques sanitaires et sociales ambiantes comme un masquage du réel social. Nous l’abordons donc ici à l’opposé comme une «manière d’agir référée à l’engagement dans une situation », non comme une théorie universelle mais comme un marqueur d’une action politique à soutenir. Son sens, dans les situations d’accompagnement, nécessite donc préalablement une distinction de son objet, car social et soin sont des démarches différentes qui ne se recouvrent pas mais peuvent s’étayer ou s’opposer les unes aux autres. Elle s’applique dès la notion de prendre soin, qui loin d’être dans la seule compassion individuelle, est d’emblée une démarche en commun de la reconnaissance du sujet dans le respect de son intimité, de sa dignité, ce qui fonde une clinique psycho sociale. Nous sommes donc dans une élaboration éthique commune à partir d’éthiques différentes dans l’engagement vers des situations singulières.

La première notion d’une telle clinique est la reconnaissance de la parole de l’autre, fou ou pas, comme véritable étayage de nos pratiques, ce que Lucien Bonnafé a signifié par « un fou est un homme », car elle est constitutive du travail de secteur psychiatrique. La deuxième notion est que la mise en place d’équipes précarité ne peut que s’inscrire que dans le soin de droit commun et ne peut être une psychiatrie spécifique pour les pauvres. Ce qui a été élaboré dans les pratiques d’accueil et de crise se retrouve dans des lieux qui sont référés au social dont l’extrême est la rue. Il y a déplacement de l’interface de négociation, mais pas de la structure d’accès aux soins. A partir de cette utopie concrète humaine se constituent des questions : « Comment faire » et « comment commencer » sont au centre de « quel type de dispositif » et « qui est référent à un moment donné »? (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

Précarités : extension du domaine de la clinique

clinique - précarité - exclusion - souffrance psychique - errance

Jean-Pierre MARTIN - Année de publication : 2002

Edito

travail - précarité - care

Jean FURTOS - Année de publication : 2011

L’humain d’abord

précarité - spiritualité, religion - sans-abris