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Vocation thérapeutique et fonction bio-politique

Pierangelo DI VITTORIO - Docteur en philosophie de l’Université de Lecce (Italie) et de l’Université Marc Bloch de Strasbourg

Année de publication : 2011

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Philosophie

Rhizome n°42 – L’Age post-thérapeutique (Septembre 2011)

Depuis quelques années, les rapports entre la santé mentale et la sécurité font l’objet d’un débat dont la tension relève des préoccupations souvent contradictoires propres aux différents acteurs impliqués. La récente loi autorisant les soins ambulatoires sous contrainte actualise la question et rallume la polémique. D’une part, on stigmatise le « traitement sécuritaire des malades mentaux », d’autre part on souligne que de cette manière, le patient sera finalement traité « en liberté ». Etranges idées que celles d’une maladie qui exige comme réponse une privation de la liberté, et d’une liberté qui s’exprime par une obligation à se faire soigner. Il apparaît que lorsqu’il s’agit de maladie mentale, la contradiction est toujours là, toujours fondamentalement la même : « On aurait dû séquestrer Pierre Rivière », écrivait Leuret en 1835 à la fin de l’expertise signée avec Esquirol, « ce jeune homme était trop malade pour jouir de sa liberté ». Tout un programme.

Un bref rappel historique sera utile. Pour deux raisons principales : d’abord, car les rapports entre la vocation thérapeutique et la fonction bio-politique ou bio-sécuritaire (notion par laquelle Michel Foucault indiquait les dispositifs de mise en sécurité des populations par rapport à des problématiques d’ordre biologique et pathologique) remontent aux origines de la psychiatrie, telle qu’elle s’est institutionnalisée à cheval entre le XVIIIe et XIXe siècle, ils sont donc tout à fait « constitutifs » et non pas épisodiques ; ensuite, car la « sécurité » n’est pas en soi quelque chose de négatif – elle est considérée au contraire comme un droit fondamental de l’individu, au même titre que certaines formes de protection sociale –, et il s’agit par conséquent de comprendre sur quoi portent au juste les résistances. (…)

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