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Retour sur le mouvement de « rénovation » de l’hôpital psychiatrique de l’après-guerre

Nicolas HENCKES - Chercheur Post-Doctorant, Centre de recherche médecine, science, santé et société (CERMES, EHESS/CNRS/INSERM)

Année de publication : 2009

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°36 – Le Nouveau Management Public est-il néfaste à la santé mentale? (Octobre 2009)

Il n’est plus nécessaire de souligner l’importance des années 1950-1975 pour la construction de la psychiatrie contemporaine. La découverte et la diffusion des chimiothérapies psychotropes comme l’essor de la psychiatrie communautaire ont permis l’essor, non seulement de nouvelles manières de faire de la psychiatrie et de nouvelles trajectoires de maladie, mais également une redéfinition en profondeur de l’expérience vécue par l’ensemble des acteurs du drame de la maladie mentale, patients comme professionnels et proches. Toutes ensembles, ces transformations témoignaient de l’installation d’un nouveau rapport de la psychiatrie à la société, dont la sectorisation a été à la fois un moteur et la traduction sur le terrain. Sans doute ces transformations n’ont-elles atteint leurs effets que dans les années 1980. Mais les années 1950-1975 ont mis en place le cadre dans lequel elles ont pu se développer.

On sait maintenant, à travers notamment le récit qu’ils en ont fait, le rôle dans ces transformations d’une génération de psychiatres réformateurs composée de figures comme Lucien Bonnafé, Georges Daumézon, Lucien Le Guillant ou Henri Ey. On connaît également les circonstances dans lesquelles ils se sont engagés au lendemain immédiat de la guerre, en grande partie en réaction à l’expérience qui avait été la leur pendant l’occupation. A bien des égards, ces psychiatres ont été, jusqu’aux années 1970, l’incarnation du mouvement de réforme, ou, comme ils le qualifiaient eux-mêmes, de « rénovation » de l’hôpital psychiatrique. On a peut-être moins conscience du projet dont ils étaient porteurs et des conditions qui ont permis à ce projet d’avoir un effet.

Si le mouvement de réforme de l’hôpital psychiatrique a pris ses racines dans un sursaut humanitaire face à l’abandon des hôpitaux psychiatriques et de leurs pensionnaires, il ne put avoir la portée qu’il a eue que parce qu’il était sous-tendu par une vision originale de la maladie mentale : au cœur de celle-ci se trouvait un retournement, l’idée que la chronicité pouvait être un enjeu en tant que tel du travail psychiatrique et non plus la limite ultime sur laquelle celui-ci butait toujours. C’est ce projet que, en transformant l’hôpital psychiatrique, puis en l’articulant à une série de « structures intermédiaires » dans un système unique, la psychothérapie institutionnelle puis le secteur ont cherché à réaliser. (…)

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