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Les chiffres du mal-logement

Xavier BENOIST - Directeur Adjoint de la FNC Pact Arim

Année de publication : 2008

Type de ressources : Rhizome - Thématique : TRAVAIL SOCIAL, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°31 – Reconnaitre les discriminations, dépasser le déni (Juillet 2008)

Le rapport annuel 2007 de la Fondation Abbé Pierre sur l’état du Mal logement en France et les études les plus récentes sur l’évolution de la pauvreté et de l’exclusion sociale traduisent une situation aggravée et des effets durables de la crise du logement sur les conditions de logement des ménages bénéficiaires de minima sociaux. Trois millions de personnes sont en France en situation de mal logement : 1 070 000 personnes sont sans logement autonome (100 000 personnes sans domicile fixe et 970 000 personnes privées de domicile personnel (hébergées chez des tiers, logées à l’hôtel, vivant en meublés, en camping, en habitat précaire, en structures d’hébergement), 2 130 000 personnes vivent en situation de surpeuplement ou dans des logements dépourvus de confort de base (sans salle d’eau, WC, chauffage). Parmi celles-ci, 600 000 vivent en habitat insalubre, c’est à dire, au sens de la loi, dans des logements présentant un risque pour leur santé. Corroborant ces statistiques, les données sur l’évolution des conditions de logement des bénéficiaires de minima sociaux étudiées en 2003 puis en 2006 par la DREES témoignent de l’aggravation de la situation de logement des personnes, tant au plan quantitatif[1] que qualitatif. Ces chiffres traduisent souvent des situations dramatiques ou aux problèmes d’emploi et de ressources s’ajoutent les difficultés de logement et très fréquemment des problèmes de santé et de souffrance psychique, insolubles sans une amélioration de la situation de logement.

La situation d’ensemble du logement en France est très préoccupante. Elle se caractérise par un fort déficit structurel de l’offre de logements (850 000 logements) qui perturbe le fonctionnement des marchés de l’immobilier, accélère l’augmentation des prix des logements et des loyers à un rythme très supérieur au taux de progression des revenus. Pour les plus pauvres, cela signifie l’incapacité à accéder au logement : en 2006, pour un quart des ménages bénéficiaires de minima sociaux, l’accès à un logement autonome est impossible. Le taux d’effort des ménages défavorisés atteint fin 2006 en moyenne 25% après aides au logement, mais il peut atteindre 30 à 55 % des revenus suivant les situations des personnes, notamment en l’absence d’ouverture de droits. (…)

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