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30 ans après la loi 180 en Italie, crise et opportunités pour les professionnels

Mario COLUCCI - Psychiatre, Trieste.

Année de publication : 2008

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, TRAVAIL SOCIAL, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°33 – Prendre soin de la professionnalité (Décembre 2008)

La loi 180 ouvre une crise du professionnalisme

Au lendemain de la loi 180[1], il est apparu clairement que le parcours de désinstitutionalisation qui a eu lieu en Italie, a entraîné une crise concernant le professionnalisme de tous ceux qui y ont participé, de l’infirmier au médecin. D’ailleurs cela correspondait exactement à l’objectif poursuivi par Franco Basaglia : l’effondrement de la psychiatrie et de l’asile contraignait à se confronter à un vrai « vide idéologique et institutionnel ». Néanmoins, il est déconcertant d’observer comment, à ce passage, a correspondu un sentiment d’égarement de ceux qui se sont le plus investis dans le changement. Le travailleur perd de son identité professionnelle, le vide l’envahit, mord sa chair.[2]

Le rôle institutionnel, garanti par le statut professionnel, est utilisé maladroitement dans un but défensif comme une protection. Voilà ce que constate alors Basaglia.

Mais protection vis-à-vis de quoi ? De l’impact d’une réalité irrépressible qui n’a cessé de se complexifier. La réalité, celle de la misère avant celle de la maladie, envahissant tout, sous les milles visages des désagréments de la modernité, dans la déviance et l’anonymat des villes, dans la mise à jour des parcours institutionnels au travers de nouvelles mesures d’urgence et des vieux modèles camouflés de l’internement. La réalité non « médicalisable », celles et ceux qui sont « pseudo-malade, pseudo-psychiatrisé, drogué, alcoolique etc.…des personnes qui sont entre la médecine et la justice en cela qu’elles créent des troubles de l’ordre public […] des personnes qui sont à marginaliser, indépendamment du fait qu’il s’agisse d’individus au minimum malades ».  (…)

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