Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°46-47 – Compétence en humanité précaire et passage de relais (Décembre 2012) // Jeune psychiatre en temps de crise, un avenir est-il possible ?

Jeune psychiatre en temps de crise, un avenir est-il possible ?

Blandine BECHETOILLE - Psychiatre, Hôpital Saint Jean de Dieu, Lyon1 Représentante de l’Association IKIRA en Métropole

Année de publication : 2012

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°46-47 – Compétence en humanité précaire et passage de relais (Décembre 2012)

Au delà d’un bouleversement économique, la crise met à mal la confiance que la société peut avoir en elle-même et en l’avenir, la précarité gagne du terrain…. La psychiatrie est quotidiennement amenée à devoir accueillir ces patients dont la souffrance est non seulement psychique mais aussi sociale. Leur vulnérabilité rencontre le sentiment d’impuissance d’une psychiatrie elle aussi traversée par une crise de confiance. Dans ce contexte, il apparaît parfois comme un défi pour les jeunes psychiatres de garder une pensée vivante et créative. Je suis née à la fin des années 70 après les « trente glorieuses », cette période de forte croissance économique d’après guerre, et plus précisément entre les deux chocs pétroliers. Le mot crise 1. Pôle G 26 (Dr Joli) m’est apparu assez tôt comme familier, telle une grisaille à 2. Association crée dans laquelle on s’habitue toujours un le but d’échanger autour de la santé mentale peu. Je crois avoir appartenu à à Mayotte et ailleurs une jeunesse assez peu idéaliste, (http://fikiramayotte. comme si les utopies portées par wordpress.com/) nos parents s’étaient éteintes avec l’insécurité de l’avenir. Etudiante, mon stage en psychiatrie a été celui de la rencontre avec une médecine humaniste et globale où l’identité des patients résidait moins dans leur numéro de chambre que dans leur nom. Depuis, je suis devenue interne puis psychiatre et j’entends parler d’un Age d’Or de la psychiatrie, celui d’une période féconde et créatrice, un temps où les considérations comptables et administratives n’étaient ni omniprésentes ni chronophages voire même anthropophages. Ce paradis perdu est souvent le pendant d’une psychiatrie condamnée au néant ou à un enfer certain. Ces lendemains apocalyptiques côtoient les idées de ruine, d’indignité et de culpabilité faisant évoquer le même diagnostic que celui de la société : la mélancolie. (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

Vivre le confinement : les mineurs non accompagnés en recours face à l’épidémie de Covid-19

précarité - Covid 19 - mineur non accompagné (MNA)

Médecins Sans Frontières et Comede - Année de publication : 2021

Réseaux en santé mentale et précarité pour les demandeurs d’asile (3 juillet 2007)

précarité - accès aux soins - migration - asile - santé - réseau

Orspere-Samdarra - Année de publication : 2007

Mégalopoles, Identités, Citoyenneté

précarité - Suisse - ville - identité