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Pourquoi il ne faut pas transformer une mesure thérapeutique en mesure sécuritaire

Jean FURTOS

Année de publication : 2006

Type de ressources : Rhizome

Rhizome n°24 – Elus des villes et santé mentale (Octobre 2006)

Alors que l’on attendait l’application du plan de santé mentale sur la lutte contre la stigmatisation des malades psychiques, voici que l’actualité psychiatrique se voit liée au souci de sécurité et à l’association de la violence à la folie. C’est ainsi que, dans l’interview donnée à Rhizome, Brice Hortefeux, Ministre délégué aux collectivités territoriales, exprime le point de vue du gouvernement sur l’inclusion des hospitalisations d’office (HO) dans l’arsenal de la prévention de la délinquance.

L’argument essentiel pour transformer une mesure thérapeutique en mesure sécuritaire repose sur la potentialité des malades mentaux à mettre gravement en cause la sûreté des personnes et l’ordre public. C’est ce seul point que nous voulons confronter à l’autorité de la réalité, sans aborder certains éléments techniques de la loi contestés avec fermeté par l’ensemble des institutions, professionnels et usagers de la santé ; sans évoquer, non plus, les réactions des maires eux-mêmes.

Pour avoir un point de vue circonstancié, il est indispensable de donner sens aux chiffres d’HO et aux situations qui y conduisent, à l’aide de travaux récents concernant le rôle des maires dans la mise en œuvre des HO, rôle initial qui concerne environ 70% de ces mesures en France, et la quasi majorité de celles-ci dans certaines grandes villes. Nous nous appuierons pour ce faire sur l’étude DIV-ONSMP-ORSPERE sur ce thème précis (2006)[1].

Si l’on se penche sur le seul aspect quantitatif des HO[2], on se trouve devant un puzzle inextricable marqué par une extrême dispersion et une hétérogénéité majeure des chiffres d’un département à l’autre, d’une commune à l’autre, d’une année à l’autre. L’étude DIV-ONSMP-ORSPERE sus citée permet de proposer une vision qualitative plus fine et plus cohérente de cette dispersion. (…)

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