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L’accompagnement, objet à part entière de santé mentale

Jean-Pierre MARTIN - Psychiatre, Chef de service Hôpital Esquirol, Saint-Maurice

Année de publication : 2005

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°20 – Pratiques d’accompagnement (Septembre 2005)

Commençons par un détour ! Michel Foucault dans l’histoire de la folie décrit les stratégies de pouvoir qui fixent le fou comme un être minoré. Tout le discours et la pratique psy y concourent : le silence, le regard, la science comme identité. Le mot accompagnement étend-il aujourd’hui à l’ensemble du corps social cette minorisation ?

La société et ses institutions se sont emparées de ce terme : accompagner, depuis que le RMI a révélé l’incapacité des exclus à s’intégrer dans les valeurs normatives ambiantes. Cela commence dès les classes maternelles, puis à l’école et l’université, se poursuit à la mise au travail, dès la constitution d’un couple… l’accompagnement concerne les parents, les cadres éducatifs et l’entreprise tout autant que l’action sociale, culturelle et politique. Intégrer des normes paraît être son but ultime, comme finalité de restauration d’un lien social défaillant.

Il témoigne de la souffrance psychique autant que de l’incapacité pathologique qui, pourtant, n’ont pas les mêmes rapports à la capacité normative. Dans la souffrance psychique nous sommes en présence de sujets qui réagissent globalement à la frustration, à l’échec, à la perte, donc élaborent des défenses d’alerte pour y faire face, signes de santé psychique. Dans la pathologie, le sujet est réduit à la norme maladie faite de ses symptômes ; ses défenses vivantes sont débordées.

Parallèlement de nombreux travailleurs sociaux et des cliniciens en font une action avec la personne, voire avec des groupes sociaux. Le mot accompagnement devient alors mobilisation réciproque vers un but d’insertion, un « agi » positif face aux méandres de l’administration et ses critères prescripteurs, avec son revers de la médaille : l’accompagnement devient un but en soi quand les réponses de satisfaction sociales sont absentes, un peu comme les stages « parkings » pour les jeunes sans emploi. (…)

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