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Veille de carnaval… interpellée par Monsieur C., homme de la rue

Karine BELLIOT-BOINOT - Psycho clinicienne, doctorante en psychologie à l’Université de Rennes 2

Année de publication : 2004

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°14 – Violences à la personne (Janvier 2004)

La rencontre avec Monsieur C. s’est effectuée le samedi 29 mars 2003 à 17h45, jour de la braderie à N. Quai F. Roosevelt, boulevard proche du centre-ville, je vois un homme semi allongé, se maintenant la tête avec son bras, son pantalon dégage son postérieur. Il s’est uriné sur lui. Autre élément du décor : un litre de rouge. Après avoir été interpellée par ce corps et sa posture, que dois-je faire? S’est-il endormi ? Si oui, dois-je le réveiller ? A demi dévêtu, dans ses excréments… Je ne peux pas le laisser comme cela.

Approchant, je m’accroupis et l’interpelle. Il ouvre les yeux. Lui disant bonjour. Il me tend la main. Je lui dis qu’il ne peut pas rester comme ça, que son pantalon est tombé. Il me répond affirmativement qu’il faut qu’il se change car il est trempé. Un samedi soir, toutes les structures sont fermées. Sachant que les urgences du CHU proche disposent d’un vestiaire, je lui propose d’y aller. Il répond qu’il pourrait prendre un bain. Seulement, étant à pied, il dit que cela va être dur car il ne peut pas beaucoup marcher : « la semaine dernière, ils m’ont coupé les doigts de pied ». Il veut ôter ses chaussures pour les montrer, disant que c’est à force de trop marcher et de dormir dans la rue. Pendant que je réfléchis, il a réussi à attraper sa bouteille et en boit une gorgée. Il a plusieurs tatouages, dont un prénom inscrit au poignet : « Robert » ». Je pense à Robert C. dont on m’a déjà beaucoup parlé en terme d’homme violent, d’habitué. Je vais voir aux urgences s’ils peuvent l’accueillir : je dois faire venir les pompiers car eux ne sont pas habilités à aller le chercher. (…)

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