Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°14 – Violences à la personne (Janvier 2004) // Santé mentale et évaluation : une place nécessaire pour le ressenti

Santé mentale et évaluation : une place nécessaire pour le ressenti

Michel JOUBERT - Professeur de Sociologie Université Paris VIII Chercheur au CESAMES (CNRS-INSERM)

Année de publication : 2004

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie

Rhizome n°14 – Violences à la personne (Janvier 2004)

Dans une conjoncture où la psychiatrie reconnaît qu’il est nécessaire de redéfinir son champ[1], en même temps que des acteurs très divers disent agir sur le volet non médical de la « santé mentale », de nombreuses pratiques, qu’elles soient cliniques, psychosociales ou relevant de l’action éducative et sociale se sont développées avec une relative économie de référents.

Les savoirs issus des pratiques restent souvent à l’état empirique, fondus dans les processus de mise en œuvre […].

Certaines personnes affectées de troubles psychiques graves se retrouvent en prison, dans la rue ou s’auto-médiquent avec les psychotropes illicites ; d’autres vivent dans les dispositifs de soins des parcours désastreux vécus sur le mode de la violence ; des personnes déstabilisées par des événements et/ou des conditions de vie défavorables sont médicalisées via des prescriptions abusives de médicaments ; d’autres encore, repliées ou déboussolées, « prennent sur elles » sans trouver dans leur environnement les soutiens dont elles auraient besoin.

Pour répondre à ces situations « tangentes » ou « hors cadre » de nombreux acteurs tout horizon se sont engagés : cliniciens, travailleurs sociaux, associations, intervenants locaux, avec des compétences souvent composites associant plusieurs références d’expériences ou de connaissances. Le travail en réseau, les dispositifs de proximité, d’accueil et d’écoute, les interventions « mobiles », les actions dites « communautaires » ou « solidaires », mais aussi de multiples innovations cliniques ont conduit ces dix dernières années à réduire pratiquement l’écart entre notre architecture officielle et la situation des publics vivant ces difficultés. Mais il manque encore un minimum de synergie et de consensus sur ce qui pourrait à la fois fournir un cadre commun de repérage, d’analyse et d’évaluation de ces actions, et assurer aux acteurs une meilleure vision de leur place respective, et donc des complémentarités possibles. (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

Apprendre à se rétablir

rétablissement - formation - participation - pouvoir d'agir - littératie

Julien GRARD, Céline LETAILLEUR et Aurélie TINLAND - Année de publication : 2017

Après l’effet canicule, réflexion sur le fondement éthique d’un réseau gérontologique

vieillissement - accompagnement - participation - consentement - éthique

Martine TANGUY - Année de publication : 2004

Confrontation entre professionnels et usagers : vers une modification de la pratique en Italie

participation - Italie - professionnalité - usager