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Les violences humiliantes

Vincent de GAULEJAC - Directeur du Laboratoire de Changement Social, Université Paris 7

Année de publication : 2004

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie

Rhizome n°14 – Violences à la personne (Janvier 2004)

Quelles sont les causes de la honte ? L’opposition entre causalité psychique et causalité sociale ne permet pas de rendre compte de la complexité des facteurs qui interviennent. Pourtant, une cause est particulièrement déterminante : les violences humiliantes qui produisent une rupture identitaire en confrontant le sujet à deux exigences existentielles contradictoires.

La honte apparaît lorsque les processus identitaires sont perturbés, mettant le sujet dans une confusion extrême entre ce qu’il est dans le regard des autres et ce qu’il est pour lui-même. C’est le cas lorsqu’il est soumis à une injonction paradoxale qui l’oblige à s’affirmer comme différent de ses semblables. Cette rupture identitaire est la conséquence de situations de pouvoir qui engendrent le rejet et la stigmatisation. Quel lien entre des « hontes » diverses telles que : d’être d’une autre origine, d’une autre couleur, d’être orphelin, d’avoir un accent, la honte d’être pauvre, chômeur, laid, impuissant, malade, fils d’un père déchu, fille d’une mère mal fagotée, etc… Bref, d’être « autre » vu d’en haut par les autres. Quel lien, sinon le risque d’être nommé différent (pas du côté de l’altérité, mais de l’exclusion) par l’instance qui en a le pouvoir ?[1]

Le pouvoir hiérarchise et stigmatise. Il confère de la valeur aux choses et aux gens, et à l’inverse dévalorise, invalide, exclut. Chacun a vécu des situations dans la famille, à l’école où l’autorité s’appuie sur le groupe pour « faire honte » à quelqu’un. L’humiliation est un moyen de renforcer l’autorité. Mais il ne s’agit pas là de culpabilité, de transgression, d’obéissance. Il s’agit d’infériorité, de dévalorisation, de déchéance. (…)

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